Un Bout du Bouddha à Vincennes

Saviez-vous que le 17 mai 2009, des reliques de Bouddha étaient arrivées directement de Bangkok à Paris, dans l’enceinte des temples bouddhistes du bois de Vincennes ?…  Bien sûr, ce sont uniquement des vestiges, cendres et poussières sacrées qui se sont envolés d’Asie jusqu’à la Ville Lumière, pour venir témoigner du passage sur Terre de « L’Éveillé » et diffuser des ondes de paix et de sérénité dans nos contrées en proie au désenchantement postmoderne et aux angoisses post mortem. Siddhārtha Gautama, le Bouddha historique ou encore Shākyamuni, vécu au Nord-Est de l’Inde il y environ 2500 ans (entre le 6éme et le 5éme siècle avant J-C). Il est le fondateur d’une communauté de moines errants qui donnera plus tard naissance au Bouddhisme.

Les précieuses reliques du Vénérable se présentent sous la forme de cristaux, résidus de crémation de corps, logés dans une bulle de verre elle-même enchâssée dans une sculpture dorée figurant une pagode. Elles ont été portées très respectueusement au cours d’une cérémonie d’accueil, par quatre hommes sur un palanquin rouge et or, pour entrer dans la Grande Pagode de Vincennes. Certes les sceptiques pourront toujours douter de l’authenticité scientifique de ces reliques, mais l’importance symbolique est bien réelle, car cette rive du lac Daumesnil est depuis devenue le haut lieu spirituel du Bouddhisme en Europe. Une info qui n’a pas forcément retenue l’attention des grands médias, mais il y avait ce jour de printemps 2009, et malgré la pluie, une petite foule d’environ 500 personnes présentes en plus de la délégation officielle bouddhiste, pour célébrer l’événement historique. Ce don de la Thaïlande à la France respectait une prédiction ancestrale (voir texte ci-dessous). Les reliques de Bouddha sont donc depuis deux ans visibles sous la statue principale haute de 9 mètres et recouverte de feuilles d’or, l’œuvre épurée de François Mosès – qui est aussi la plus grande sculpture de Bouddha en Europe.

Pour les journées d’ouverture de la Grande Pagode en fonction des fêtes et cérémonies, voir le site de l’Union Bouddhiste de France.

Les reliques de Bouddha ne sont pas destinées à rester indéfiniment sur place, il est possible qu’elles soient prêtées à d’autres pays dans le cadre d’un échange.

Cérémonie du 15 avril 2011 : Nouvel An 2554 des bouddhistes d’Asie du Sud-Est organisé par le Monastère Bodhinyanarama de Tournon.                 L’ère bouddhique débute à la mort du Bouddha, soit 543 ans avant le début de l’ère chrétienne, et avance selon un cycle lunaire plus rapide que celui occidental, solaire.
 
 
 

L’Histoire des Précieuses Reliques du Bouddha

En Inde, à la fin du XIXéme siècle, l’écroulement d’un stùpa (monument funéraire bouddhique) appartenant au clan des Sakys (la famille de Bouddha) permet la découverte d’authentiques Reliques du Bouddha Shakyamouni, préservées depuis plus de deux millénaires.

Au XIXéme siècle, l’Inde et la quasi totalité de l’Asie étaient colonisées. Le gouverneur Général de l’Inde confie donc les précieuses Reliques à la Thaïlande, seul pays bouddhiste épargné par la colonisation. Elles sont installées au Temple de la Montagne d’Or (Wak Saket), le plus fameux temple de Bangkok. En l’an bouddhique 2442, une prédiction révèle que des Reliques quitteraient le sol thaïlandais pour l’Occident cent onze ans plus tard.

En 2009, soit cent onze ans plus tard, les Patriarches thaïlandais, approuvés par la communauté bouddhiste asiatique, décident d’offrir des Reliques au monde occidental et de les confier à un pays européen, nouvelle terre d’accueil. Leur choix se porte sur la France, pays des droits de l’Homme exemplaire de la diversité du bouddhisme. Les reliques sont confiées officiellement à l’Union Bouddhiste de France, qui en assure la conservation.

« Quand les Reliques sont amenées quelque part cela amène une sorte de civilisation, de connaissance dans le Dharma pour toutes les populations. Comme historiquement ces Reliques sont restées en Thaïlande depuis 111 ans, c’est un trésor national. Nous avons voulu partager cela avec la communauté bouddhiste européenne et plus spécialement la France : partager ce précieux trésor de l’humanité. Le Patriarche Somdej de Wat Saket a trouvé que la France avait toutes les qualités requises pour pouvoir accueillir la lumière des enseignements du Bouddha. Nous ne sommes plus au siècle des Lumières mais cette fois c’est la lumière des enseignements du Bouddha qui arrive en France. L’image donnée par les cérémonies d’accueil est la preuve que les Reliques ont déjà apporté et représentées la Paix, la Tolérance et surtout cette compassion qui est représentée par toutes les nationalités et différents mouvements réunis aujourd’hui. C’est vraiment le plus beau cadeau qui nous a été fait aujourd’hui en France à nous tous, bouddhistes venus d’Orient. Merci beaucoup. »

Vénérable Phra Phrommolee, représentant du Somdej Patriarche du Wat Saket de Bangkok le 17 Mai 2009.

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