« Graffiti All Starsz for Japan », fresque murale collective

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Ce week-end, le fameux spot de l’ancien dépôt de bus RATP de la rue Lagny/rue des Pyrénées (lire « Le paradis des graffs de la rue des Pyrénées ») dans le XXéme arrondissement de Paris était en ébullition ! Dans le cadre du Kosmo Art Tour – une collaboration fructueuse entre le festival Kosmopolite et Paris Hip Hop – un grand rendez-vous avait été donné à une vingtaine de graffeurs internationaux, dont la plupart expose actuellement au Carré Baudouin, dans l’exposition Europa Graffiti. Suite à un gigantesque bœuf de bombes aérosols, à une belle explosion graphique multipolaire, une ambitieuse fresque, longue d’une centaine de mètres, a été réalisée pendant les deux journées du samedi 25 et dimanche 28 juin. Les artistes semblaient ravis, les passants et les riverains séduits. Au final, l’œuvre collective aux dominantes rouges, bleues, noires et blanches est visible sur l’enceinte donnant rue des Pyrénées, juste avant d’arriver sur le Cours de Vincennes.

Citons comme il se doit les artistes qui ont participé à la réalisation de la fresque    « Graffiti All Starsz for Japan » : Besok, Loomit (Allemagne), Nychos (Autriche), Farm Prod (Belgique), Bonga, Binho (Brésil), T-Kid 170, Ske FX (États-Unis), Darbotz, Kims, Nsane5 (Indonésie), Etnik, Nolac; Macs (Italie), Juice, Ottograph (Pays-Bas), Kine (Pologne), Alex, Batsh, Ceet, Colorz, Gilbert, Haut En Couleur, Juan, Kongo, Lazoo, Narvalow Club, Noé2, P19 Crew, Seth, Tilt (France), Jazi (Suisse).

Kosmopolite

Kosmopolite, né en 2002 à Bagnolet, est le premier festival international de graffiti en France. Il a pour but de promouvoir auprès du grand public la richesse et la diversité du Street Art, en l’associant éventuellement à d’autres pratiques artistiques. En sept ans, le festival Kosmopolite a invité plus de 700 artistes venus du monde entier et a accueilli plus de 100 000 visiteurs. Il est devenu une référence de la scène graffiti internationale.

Kosmo Art Tour est le projet que cette association mène depuis 2008, avec le soutien des collectifs FarmProd (Belgique) et Aerosol Bridge (Hollande/Allemagne). Il s’agit, grâce à une itinérance artistique, d’aller plus loin dans le principe d’interculturalité, et de favoriser les échanges entre les graffeurs de différentes origines, tout d’abord en Europe. Amsterdam, Bruxelles et Bagnolet ont logiquement été les trois épicentres et étapes du Kosmo Art Tour entre 2009 et 2010. Pour l’année 2011, le développement se fait en direction de latitudes plus exotiques et tropicales, et, après Bagnolet et Paris, les escales suivantes seront Jakarta et São Paulo.

La catastrophe qui a eu lieu au Japon en mars dernier n’a laissé personne indifférent, et ici c’est flagrant ! Cosmopolite et international, interconnecté et solidaire, le monde du graffiti est lui-même très affecté par cette tragédie. Univers mouvant en perpétuelle évolution, c’est un réseau avant tout engagé, qui ici milite en soutenant par exemple l’action de la Croix Rouge. L’association Kosmopolite a ainsi demandé à chaque artiste de créer une œuvre qui sera mise en vente et dont les profits seront reversés pour l’aide aux victimes du tsunami et du drame nucléaire de Fukushima. L’opération « Graffiti for Japan » installe aussi un stand à chacune de ses étapes afin de sensibiliser le public à la tragédie japonaise actuelle, et de présenter son action. La fresque de la rue des Pyrénées encore toute fraîche en est le plus bel aboutissement. Je vous conseille, si vous êtes dans le coin, de passer assez rapidement car, au centre RATP de la rue de Lagny, la frénésie expressive et créative est telle que chaque semaine un nouveau décor surgit tout autour du mur d’enceinte. Espérons que, respect pour ce projet, la fresque pourra être contemplée pendant longtemps. De part et d’autre d’un grand disque rougeoyant – le soleil levant figurant sur le drapeau du Japon – se dessine une grande composition symétrique. Les différents styles des graffeurs se répondent d’une manière plutôt harmonieuse, peut-être même un peu trop appliquée, mais la fresque recèle des figures impressionnantes de dextérité. Deux immenses personnages entourent l’astre solaire, lui-même ombré par la silhouette d’une fillette émergeant des décombres. Un lutteur de Sumo maigrelet, découpé en tranches comme un vulgaire saucisson, et un clown bleu atypique alléché par des déflagrations atomiques accompagnées de l’insigne du $…

Le message est donc assez éloquent !

Cependant les improvisations libres sur les trois autres pans de mur valent aussi le détour, et j’avoue que je préfère l’impression de joyeuse et parfois cruelle anarchie – mais oh combien énergique et pleine d’émulation créative – sur cette partie plus cachée, à celle assez sage et presque bon enfant de la fresque collective, mais c’est un avis tout personnel (les photos à suivre sur un prochain article). On ne peut que célébrer cette initiative, qui est un peu ici comme une consécration. Cette forme artistique est toujours riche de possibilités pour l’avenir, et nous avons bien besoin dans nos villes de sa vitalité et sa résistance à l’abrutissement médiatique mondialisé. La pertinence du graffiti est, dans le XXéme arrondissement de Paris, comme partout ailleurs dans le monde, bien manifeste. Espérons que les intérêts marchands et l’attrait des collectionneurs et des galeries pour ce nouveau marché n’aura pas raison de ses objectifs initiaux et de son énergie vitale !

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Paris Hip Hop 2011

Pour sa sixième édition, la quinzaine du Hip Hop creuse son sillon et propose une programmation pointue et grand public, ouverte et exigeante. Le groupe de rap français la Rumeur parraine l’édition 2011, dans un esprit d’authenticité et de crédibilité. Il donnera un concert exceptionnel mardi 28 juin à la Cigale à Paris. Fondamental aussi, ce concert « Doogystyle » que Snoop Dogg concrétisera enfin au Zénith le 4 juillet, du nom de son premier album. A noter pour les fans que ce projet aura abouti seulement aujourd’hui, une sorte de retour aux sources pour le chanteur de rap addulé aux USA et partout ailleurs. Pour plus de précision sur la programmation, allez sur le site de Paris Hip Hop

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Florent Hugoniot

P.S. : toutes les photographies de cet article sont soumises au droit d’auteur, merci de le respecter.
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2 commentaires pour « Graffiti All Starsz for Japan », fresque murale collective

  1. Lc dit :

    magnifique dessin mural bravo dommage que les autres artistes vont l’abimer bientôt…
    bravo !!
    habitante de ce quartier « artistique », artiste non pro.

  2. Eh oui, c’est la dure loi du graff, mais aussi sa force ! Et c’est formidable de pouvoir en temps réel assister à l’élaboration d’une nouvelle fresque.

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