Resisting the Present – Mexico 2000/2012

Nube negra (Capital suspendido), 2011, Arturo Hernández Alcázar - Cortesia del artista

Le Museo Amparo de Puebla accueille dans ses murs une nouvelle exposition depuis le 15 octobre, Resisting The Present, Mexico 2000/2012, réalisée en partenariat avec Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (ARC). Il s’agit d’un panorama sur la production de jeunes artistes mexicains, qui questionne ici les principaux problèmes de la société mexicaine contemporaine globalisée et tout premièrement ceux de la violence et de la mémoire. La qualité de la sélection des œuvres font entrer cette exposition ambitieuse dans les critères du curatoring international. La dernière génération d’artistes mexicains est effectivement entrée de plain pied dans la globalisation, aussi bien dans leur manière de travailler, la conception/réalisation, que dans leurs thématiques. Beaucoup d’entre eux vivent à l’étranger, ce qui donne sûrement cette dimension internationale à l’exposition et permet cette diversité des regards et des sensibilités. Mais Resisting the Present traite surtout des effets néfastes de cette globalisation marchande, avec tout premièrement celle des narcotrafiquants dont l’activité est mondialisée, au même titre que les multinationales pétrolières ou militaro-industrielles. Il faut aussi noter que les liens culturels entre la France et le Mexique pays restent très forts, les mexicains continuent de considérer la culture française comme un best, d’où sûrement le succès de cette initiative conjointe des deux structures culturelles. El logotipo del Museo Amparo está inspirado en un signo utilizado por los mesoamericanos para representar los años

Soulignons l’effort que le Museo Amparo fait régulièrement afin d’ouvrir ses espaces, traditionnellement réservés à l’Histoire de l’Art mexicain et précolombien, en direction de la scène artistique internationale (le logo du Museo Amparo ci-contre, inspiré d’un signe amérindien représentant le temps). Juste avant Resisting the Present était programmé Historias de A. – Obras de La Colección Jumex avec la présence de nombreux artistes reconnus internationalement (Marcos Castro, Peter Fischli & David Weiss, Michel François, Rodney Graham, Carlos Huffmann, Marine Hugonnier, Mike Kelley, Abigail Lane, Ugo Rondinone, Emilio Valdés). Et encore avant, une rétrospective d’Annette Messager, donc du haut vol !

Mais revenons à aujourd’hui avec Resisting the Present, qui reste ouverte au public de Puebla jusqu’au 15 janvier 2012, pour attérir à Paris, MaM, du 9 mars au 8 juillet 2012. Voici la liste des artistes exposés :

Natalia Almada, Edgardo Aragón, Marcela Armas, Erick Beltrán, Diego Berruecos, Iñaki Bonillas, Mariana Castillo Deball, Minerva Cuevas, Amat Escalante, Arturo Hernández Alcázar, Jonathan Hernández, Bayrol Jiménez, Adriana Lara, Gonzalo Lebrija, Ilán Lieberman, Juan Pablo Macías, Jorge Méndez Blake, Nicolás Pereda, Carlos Reygadas, Jorge Satorre, Pablo Sigg, Tercerunquinto, Héctor Zamora et Alejandro Jodorowsky.

Ils sont pour la grande majorité mexicains et jeunes (nés après 1975), en tout 24 artistes qui explorent les champs du graphisme, de la sculpture/installation, de la vidéo… A noter la présence du doyen Alexandro Jodorovsky, artiste franco-chilien ayant vécu a Mexico dans les seventies, qui donne une caution historique et rattache le propos de l’exposition – se confronter à un present en mal d’avenir – aux mouvement anarchistes et libertaires du XIXème et XXème siècle. Dans ce début de millénaire en mal d’identité, on percoit assez vite un profond désenchantement, et le besoin de redonner un sens à nos expériences, notre ressenti intime, éventuellement à notre engagement social. Il s’agit surtout d’un regard critique et distancié sur notre monde mondialisé, de relever des traces de nos préocupations humaines actuelles, avec peu de projections dans le futur…

Das Kapital, 2009, Jorge Méndez Blake - Cortesia del artista y Galería Messen de Clercq, Bruselas

J’ai bien aimé le mur dégoulinant et délétère avec une touche très BD nord-américaine de Bayral Jiménez, ainsi que le travail de Mariana Castillo Deball sur le codex de la collection Borgia au Vatican. Certaines oeuvres, tel Das Kapital de Jorge Méndez Blake ont déjà été montrées dans d’autres expositions internationales. Jorge Satorre & Erick Beltrán avec Modelando estándar font référence aux penseurs universels tels Sigmund Freud et Conan Doyle qui dissertent dans un grand chassé croisé supratemporel. Juan Pablo Macías présente l’oeuvre Biblioteca de anarquismo y anarquistas, une installation qui réunit 166 livres reliés et imprimés sur du papier à poncer de couleur noire, une compilation de documents trouvés via internet depuis 2009. Ces artistes proposent donc une réflexion sur notre époque confuse et plutôt tragique : nouvelles formes de dérision et de contestation politique, parasitage de la réalité, résistance soft à la pensée unique, échappées culturelles et philosophiques…

Biblioteca de anarquismo y anarquistas, Pablo Macías

La rébellion serait donc désormais artistique et conceptuelle ! C’est toujours un début, mais on se rend compte qu’il y a parmis ces jeunes artistes mexicains un fort désir de relier leur réflexion au passé, de faire référence à d’autres artistes – francais ici -, d’aller rechercher des poètes, des intellectuels repoussant les frontières. Des figures de la contestation plus ou moins radicale, qui resteraient convaincus encore et surtout aujourd’hui de leur parti pris  : Jean Genet, André Breton, Robert Desnos, Roger Caillois… Ainsi cette citation de Alexandro Jodorowsky, notée récemment par Bayrol Jiménez, remet les pendules à l’heure :

« Luchamos contra la inercia, contra la repetición de los esquenas, de las leyes, de las fórmulas preestablicides que nos momifican y no corresponden a la realidad humana (…) yo no creo en la revolutión política, creo en la revolución poética. Solo la poesia y la belleza pueden salvarnos. »

« Nous luttons contre l’inertie, contre la répétition des scénarios, des lois, des formules toutes faites qui nous momifient et ne correspondent pas à la réalité humaine (…) je ne crois pas à la révolution politique, je crois à la révolution poétique. Seule la poésie et la beauté peuvent nous sauver. »

Alejandro Jodorowsky

Dialogue entre l'artiste Arturo Hernández Alcázar et le curator Guilermo Santamarina

Généreuse option, une rencontre avec chacun des artistes est programmée le mardi et le jeudi soir à partir de 18h30 à l’auditorium du musée (entrée libre). Certaines explications, certains enrichissements sont en effet parfois nécessaires pour entrer en résistance !

Pour un aperçu de l’exposition dans son ensemble je vous conseille ce lien, attention c’est en Español.. Ainsi qu’un autre lien sur fichier PDF pour la bio francaise des artistes.

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Nube negra (Capital suspendido), 2011     Arturo Hernández Alcázar

549 objetos residuales, negro de humo, acero, nylon y mesa de documentación (549 objets résiduels, noir de fumée, acier, nylon et table de documentation)

Parmi toutes les oeuvres exposées, une a particulièrement retenu mon attention, la plus impressionnant et la plus éloquente à mon avis. Il s’agit de Nube negra (« Nuage noir ») de Arturo Hernández Alcázar, une installation in situ monumentale, suspendue à quelques mètres du sol dans un des patios du Museo Amparo. Élégante et graphique, cette sculpture aérienne géante est composée d’objets hétéroclites peints en noirs. Comme une inquiétante vague remanescente, une menace, elle fait aussi penser à une explosion maitrisée, programmée, à un vol plané d’objets calcinés, figés dans l’espace, une libération escatologique… Différents points de vues s’offrent au spectateur : du sol, en lévitation, telle un mobile immobile, elle habite le carré de ciel en contre plongée et domine la cours, tentaculaire ; par les grandes fenêtres de la galerie du premier étage, elle s’insére dans le parcours de l’exposition, et semble se jeter à l’assaut des visiteurs.

Fascination de la destruction

Cette oeuvre est hypnotisante car elle se situe pile en équilibre entre destruction et construction. Le musée, la ville semblent submergés par leurs propres détrituts, et pourtant la magie est là, l’oeuvre séduit. Elle m’a tout de suite remis en mémoire la fameuse scène finale de Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni, avec ces images au ralenti qui décomposent l’explosion d’une villa luxueuse ; jusqu’au frigo d’où s’échappent poulet, laitue et autres victuailles, en tournoyant sur un fond de ciel azur intense, quelque part dans le désert de Californie.

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Nube negra, instantané du mouvement de colonisation des ordures, univers délétère en expansion, capharnaüm funèbre, cette installation en impose autant par sa dimension (environ un carré de 16m. de côté), sa hauteur au sol, la prouesse de sa réalisation que par sa beauté plastique. Fascinante envolée !

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Analogie de la ville tentaculaire

Comme le sous-titre le laisse entendre – « capitale suspendue » – il s’agit d’une vision à la fois onirique et critique de la ville, d’une approche toute personnelle sur le sujet des conflits et de la violence, générée par l’industrialisation et la concentration de la vie urbaine. La ville moderne et dévorante, synonyme d’écrasement, de disparition voire de crémation. Mais aussi la ville comme dépassement de la temporalité – au Mexique, la mort est avant tout symbole de renaissance – de sublimation du vécu humain.

     

Arturo Hernández Alcázar va lui-même chercher dans les décharges, sur les lieux de catastrophes et dans des zones incendiées, les éléments qu’il incorporera dans son installation. Les basuras (détritus) l’intéressent en tant que strates, géologie de la ville et archéologie de l’activité humaine. Cette première démarche de prélèvement, de recherche de preuves concrètes touchant à des drames de l’existence – ici dans les zones périurbaines de Puebla – axe son travail vers une poétique de l’accident. Il ne s’agit pas pour lui de faire tabula rasa du passé ; bien au contraire l’artiste va faire sortir de l’oubli et de la disparition programmée des indices matériels, mais aussi donner un sens à plusieurs évènement tragiques, réhabiliter des évènements et fixer l’imprévisible, l’accidentel dans nos vies.

Table de documentation, Nube negra

« El director general de Petróleos Mexicanos (Pemex), Juan José Suerez Coppel, rechazó que un sabotaje haya sido la causa de la explosión de un ducto de la empresa el domingo pasado en San Martín Texmelucan, Puebla, y reiteró que « todo indica que se derivó de un intento de toma clandestina » de combustible. » La Jornada, 23/12/2010 (extrait d’article de presse au sujet d’un accident, suite à un sabotage afin de voler le petrole).

D’où le rôle de la table de documentation, sur laquelle sont déposés quelques exemples d’objets prélevés, différents matériaux, ainsi qu’un classeur contenant des photographies, des articles de journaux relatant des accidents, incendies et une carte des lieux de collecte ; caricature d’une rigueur scientifique un peu dérisoire ici, mais aussi réelle intention pédagogique auprès du public, qui permet de saisir toute la portée de l’oeuvre. Un seau contenant quelques pièces non utilisées pour la structure arachnéenne est laissé au milieu du patio, comme en attente d’être débarrassé, illustration minimaliste d’un work in progress.

Le geste de Nube negra souligne, comme certaines œuvres de l’art brut, à quel point notre passage sur terre est fragile et éphémère, mais en même temps unique car, avant toute preuve objective, il est soutendu par l’affect. Nos objets quotidiens sont là pour évoquer un itinéraire, le nôtre, mais savent aussi chanter leur propre ritournelle et acceder à une forme de vérité propre, d’universalité (on entre ici dans la magie des objets, qui a inspiré tant d’artistes contemporains, comme Annette Messager).

Lumineuses errances urbaines

Dessin de Arturo Hernández Alcáza

Cette démarche artistique de la dérive constructive se rattache aux travaux de Cadere et de Francis Alÿs ; ce dernier étant inspiré lui aussi par la mégapole qu’est devenue Mexico DF, au point de s’y être intallé depuis de nombreuses années. Car c’est une relation amoureuse à la ville que met en scène Arturo Hernández Alcáza. Nube negra n’est pas une fascination mortifère pour les déchets de la société humaine, mais bien le désir de redonner de la noblesse, une forme d’intemporalité à ces objets du rebut : morceau de piano calciné, poussette désarticulée, clavier d’ordinateur, bouts de planches, tôles, outils rendus inutilisables et autres objets non identifiables… Tous abimés, brulés et salis, ces vestiges de la société productiviste et capitaliste sont enduits de noir du fumée issu de la combustion du pétrole : l’or noir – symbole non innocent ici d’un pouvoir mondial et absolu en même temps que défaillant en ce début de XXIème siècle – amplifie l’aspect tragique et dérisoire des éléments et les rend à un anonymat tout en les sacralisant. Tout en créant une uniformité, une cohérence visuelle, le noir de fumée (écran de fumée a-t-on envie d’ajouter) ajoute du mystère et de la profondeur à ces objets, ombres et témoins muets de catastrophes passées. Il n’est pas question de recyclage ici, mais d’ultime renaissance, un point de suspension entre vie et mort.

Le choix des matériaux n’est pas laissé au hasard dans le travail d’Arturo. On y retrouve souvent le cuivre, comme conducteur électrique (énergie qui, couplée au carburant issu du pétrole, fait vibrer nos villes modernes) mais aussi comme enjeux de guerre et de colonisation du Mexique et du Chili, ces pays ayant enflammé la convoitise des conquistadores et des multinationales par leurs richesses minières. Le cuivre est un bon conducteur car ce métal n’oppose pas de résistance à l’énergie électrique… On retrouve donc ici le fil de Resiting the Present. Résistance politique à une forme de pouvoir et de domination du monde par l’argent, résistance philosophique au fatum de nos destinées ? Mais peut-on vraiment envisager de résister au présent, au point de réfuter l’avancée inexorable du Temps ?…

Analyser, critiquer, proposer, inventer, c’est déjà marquer une opposition, pour construire un autre futur que celui qu’on veut tenter de nous imposer. Et les artistes tels que Arturo Hernández Alcázar nous aident à y voir plus clair, à faire un tri sélectif entre les idéologies issues du la révolution industrielle. Sa demarche humaniste, au plus près des préocupations populaires permet de réenchanter le présent avec les dechets de notre récent passé, beau pari ! Les acteurs politiques, économiques et financiers aux manettes de la planète feraient bien d’être aussi lucides et inspirés, plutôt que de faire miroiter un projet de science fiction aveugle, d’animer un ogre dévoreur de richesses naturelles tout en nous promettant un futur scintillant mais sans lendemain…

Le pouvoir : énergie, richesse et gaspillage

Le thème du pouvoir est donc toujours présent dans le travail de Arturo ; il reste discrètement quand à son intervention dans la réalisation finale de l’oeuvre mais il sous-tend tout le projet artistique : pouvoir économique de construire des villes et des usines, pouvoir de s’accaparer les énergies pouir les détourner contre le monde, pouvoir d’acheter et de sur-consommer, pouvoir de destruction, droit de vie et de mort sur les objets comme sur les hommes, dérisoire pouvoir humain devant le vide primordial…

Dans son intervention du jeudi 10 novembre, Arturo disait vouloir « unifier le chaos ». Cela signifie ici donner un sens et une cohérence à ces traces de faits divers, de ceux qui emplissent les écrans TV partout dans le monde, et qui, à l’inverse de révéler sa réalité, l’obscurcissent en le montrant sous son aspect monstrueux. Un monde dangereux, incompréhensible pour le simple quidam, soumis aux cruelles lois du hasard et du marché financier dérégulé, un caprice de milliardaire, un terrain de jeu pour les guerres de gangs comme pour la grande faucheuse. Un abîme ritualisé qui n’a plus rien de sacré…

Lors de son entretien/débat animé par le curator Guilermo Santamarina, Arturo a évoqué plusieurs de ses autres oeuvres, riches en pistes de réflexion. Mais ma pratique de l’espagnol ne m’a pas permis d’en entendre toutes les subtilités… Aussi, afin de visualiser plus globalement son travail, je vous invite à aller sur son blog, où il est question aussi de déplacement de pierres et de dispersion de poussière.

Resisting the Present

Curaduría: Angeline Scherf y Ángeles Alonso Espinosa
Museo Amparo del 15 de octubre del 2011 al 15 de enero del 2012
Musée d’Art moderne de la Ville de Paris du 1er mars au 8 juillet 2012

Ode au déchet

Dust to dust, ashes to ashes… Comment ne pas conclure en musique avec David Bowie qui trouva dans les bas-fonds de Londres et de Berlin l’inspiration pour ses plus beaux morceaux. Décomposition et pourriture forment l’humus indispensable à la vie, nos sociétés hypertechnologiques et asseptisées essaient trop souvent de l’oublier. Et pourtant l’hygiénisme débridé et l’obsession de perfection ont conduit ces mêmes sociétés aux pires atrocités… Should think about it !

F.H.

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3 commentaires pour Resisting the Present – Mexico 2000/2012

  1. Ping : Murales de San Ramón, Puebla, Mexico | lapartmanquante

  2. Alonso Fragua dit :

    Bonjour,

    D’abord, félicitations pour ce post. Il est vraiment complet et descriptif. Puis, je vous donne des nouvelles par rapport a « Nube Negra ».

    Cette pièce est maintenant dans un autre espace: La Capilla del Arte UDLAP, encore à Puebla. Comme beaucoup des ouvres d’art contemporain, elle a muté. Les objet sont exposé sur le sole: le nuage est descendu, on peut dire.

    Si vous parlez espagnole, je vous invite à lire la petite critique que j’ai rédigé pour cette « nouvelle » pièce.

    http://pueblaylacultura.blogspot.com/2012/02/nube-negra-el-veredicto-final.html

    Bonne journée:

    Alonso Pérez Fragua
    Coordinateur CAPILLA DEL ARTE UDLAP

    • Gracias por estas nuevas informaciones ! Je croyais que Nube negra allait s’envoler pour le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris avec les autres œuvres de Resisting the Present.. Elle s’est donc posée sur le sol de l’UDLAP. J’irai la voir à mon retour à Puebla début mars. Merci pour le commentaire et l’article, au plaisir de vous voir, con mucho gusto ! Florent Hugoniot

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