Sol y Sombras, la photographie mexicaine avant-gardiste

« Pescador de nubes », Luis Márquez, 1933

Sol y Sombras, de la Fotografía Moderna Mexicana / Soleil et Ombre, de la Photographie Mexicaine Moderne

Je suis allé faire un tour au Colegio de San Ildefoson, Mexico City, pour voir la rétrospective très courue de Ron Mueck, ainsi que les aquarelles du chanteur Marylin Manson. La première exposition m’a plu, la deuxième beaucoup moins… Mais ce qui a surtout retenu mon attention c’est Sol y Sombras, une exposition au dernier étage présentant une belle sélection de photographies des avant-gardes mexicains des années 30 : Manuel Álvarez Bravo, Agustín Jiménez et Luis Márquez.

« Jicamas desnudas », Manuel Álvarez Bravo, 1930

Le premier est internationalement connu, un des plus grands photographes mexicains du XXème siècle, mais les deux autres, nés aussi autour de 1900, sont moins connus mais méritent tout autant l’attention. Le regard de ces trois artistes est mis en valeur dans un parcours thématique : paysages et cactus, natures mortes, nus féminins, usines, horlogerie et mécanique, usines, modernité, avec des recherches esthétiques en noir et blanc, un constructivisme allant vers l’épure et l’abstraction. De très beaux tirages, souvent originaux, qui attirent l’œil jusque dans les moindres détails, séduisent par la richesse de leurs nuances argentiques.

X

« Perfeccionado el ojo por la exacta visíon del instrumento, quedaban abiertos a la sensibilidad nuevos caminos. Cuando los ojos ven lo que nunca vieron, el corazón siente lo que nunca sintió. »

« L’œil affiné par la vision exacte de l’instrument, de nouveaux chemins restaient ouverts à la sensibilité. Quand les yeux voient ce qu’ils n’ont jamais vu, le coeur sent ce qu’il n’a jamais ressenti. »

Manuel Álvarez Bravo

« Engranes », Agustín Jiménez, 1931

« Durant les décennies des années vingt et trente s’est développé, ce que maintenant nous connaissons comme avant-garde historique de la photographie mexicaine, caractérisée par l’incorporation d’éléments et les objets qui n’intéressaient pas antérieurement les artistes, à leur univers visuel, ou par la réinterprétation des genres traditionnels déjà traités par la photographie, comme le portrait, le paysage, l’architecture, les types populaires, les luttes sociales et la vie quotidienne. Dans cette période, la photographie mexicaine s’est renouvelée aussi comme les autres arts avec des figures comme Manuel et Lola Álvarez Bravo, Emilio Amero, Raúl Estrada Discua, Arturo González Ruiseco, Agustín Jiménez, Eugenia Aurora Latapí, Luis Márquez Romay, Jesús Torres Palomar, entre les autres. Ils sont partis de la tradition et de la rupture avec celle-ci. En plus de s’inspirer du travail de photographes comme Edward Weston, Tina Modotti, Sergei Eisenstein, Paul Strand, Henri Cartier-Bresson et tant d’autres créateurs étrangers qui ont passé par le Mexique, attirés par une atmosphère artistique propice et régénérant, à cheval entre une culture ancestrale indigène et l’application originale des Avant-Gardes venues d’Europe et des États-Unis.

« La desvendada », Manuel Álvarez Bravo, 1938-1939

Manuel Álvarez Bravo serait le soleil de cette génération de photographes qui ont radicalement renouvelé leur approche artistique, bien que la majorité d’entre eux sont restées dans l’ombres de l’oubli.

Cette exposition est constituée de 75 photographies en noir et blanc, réalisées entre les années 1925 et 1950, et cherche à établir un dialogue visuel entre les images de ces photographes ; elle donne à voir ainsi un traitement de sujets communs, les coïncidences formelles de la recherche créative et les singularités esthétiques qui situent ces photographies, d’une manière remarquable, dans la culture post-révolutionnaire du Mexique. »

Ernesto Peñaloza Méndez – Conservateur

« Le domaine propre de la photographie, en tant qu’art, n’est pas distinct de la poésie : l’impalpable et l’imaginaire. Mais révélé, et pour ainsi dire, filtré par le regard. »

Octavio Paz, extrait du texte d’introduction pour le catalogue Instante y revelación, photographies de Manuel Alvarez Bravo

« Embudo de cristal », Luis Márquez, 1932


« Durante las décadas de los años veinte y treinta se desarrolló lo que ahora conocemos como vanguardia histórica de la fotografía mexicana, caracterizada  por incorporar al universo visual elementos y objetos que anteriormente no interesaban a los artistas, o por reinterpretar géneros tradicionales ya tratados por la fotografía, como el retrato, el paisaje, la arquitectura, los tipos populares, las luchas sociales y la vida cotidiana. En este periodo, la fotografía mexicana se renovó al igual que las otras artes con figuras como  Manuel y Lola Álvarez Bravo, Emilio Amero, Raúl Estrada Discua, Arturo González Ruiseco, Agustín Jiménez, Eugenia Aurora Latapí, Luis Márquez Romay, Jesús Torres Palomar, entre otros. Ellos partieron de una tradición y de la ruptura con ésta. Además de retroalimentarse con el trabajo de fotógrafos como Edward Weston, Tina Modotti, Sergei Eisenstein, Paul Strand, Henri Cartier-Bresson y tantos otros creadores extranjeros que transitaron por México, atraídos por un ambiente propicio y renovador, a caballo entre una cultura ancestral e indígena y la aplicación original de impulsos vanguardistas en boga en las artes de Europa y los Estados Unidos.

« Sin título (escalera de metal) Serie de La Tolteca », Agustín Jiménez, 1932

Manuel Álvarez Bravo sería el sol de esta generación de fotógrafos que renovaron radicalmente su quehacer creativo, mientras que la mayoría de ellos fueron quedando en las sombras del olvido.

Esta exposición, conformada por 75 fotografías en blanco y negro, realizadas entre los años de 1925 y 1950, busca establecer un diálogo visual entre las imágenes de estos creadores y mostrar así, tanto el tratamiento de temas comunes y las coincidencias de forma como las singularidades estéticas que los sitúan, de manera destacada, en la cultura post-revolucionaria de México. »

Ernesto Peñaloza Méndez
Curador

« El dominio proprio de la fotografía, como arte, no es distinto de la poesía : lo impalpable y lo imaginario. Pero revelado y, por decirlo así, filtrado por lo visto. »

Octavio Paz, fragmento del texto para el catálogo Instante y revelación, fotografías de Manuel Alvarez Bravo

« Cenefa », Agustin Jiménez, 1932

Sol y Sombras, de la Fotografía Moderna Mexicana, Antiguo Colegio de San Ildefonso, Justo Sierra 16, Centro Histórico de la Ciudad de México06020 México, D.FMartes a domingo, 12:30 y 16:00 hrs.

Florent Hugoniot

 
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