Soirée du Front de Gauche pour la Culture, l’Art et l’information

Un début de campagne frileuse

Vue du Mexique, la campagne électorale en France pour les présidentielles crû 2012 ne m’avait pas paru particulièrement pimentée mais au contraire bien fade, ne suscitant chez moi aucun appétit démocratique, aucun enthousiasme. Ce dernier terme me semble d’ailleurs avoir disparu de la sphère politique française depuis 20 ans au minimum… Rien d’intéressant à se mettre sous la dent encore en ce mois de février, car entre Hollande et Sarkozy, les résultats du deuxième tour semblaient déjà pliés, les élections se jouant uniquement avec un tandem UMP-PS talonné par le FHaine, dixit tous les instituts de sondages. Droitisation à l’américaine de toute la palette politique française, de plus en plus Bleue-de-France, de plus en plus froide, plongeant avec délices ou horreur jusqu’aux abysses mortifères de l’extrême droite néofasciste, quelle perspective ! Pour la petite touche verte, on a vu finalement les candidats écologistes user eux aussi de toutes les basses stratégies et contorsions pour avoir au final droit à une poignée de sièges de députés dans la prochaine législature (ils risquent d’ailleurs de l’avoir longtemps amère, leur alliance avec le PS ayant siphonné toutes leurs belles énergies bio)…

Le Rouge est revenu à la mode ce printemps

Mais juste après mon retour, il y a eu la « prise de la Bastille » le 18 mars de Jean-Luc Mélenchon avec le Front de Gauche, et là les choses ont véritablement décollé,  après avoir commencé à vibrer autour des cercles du Parti Communiste et de l’Huma, de la gauche radicale avec ses relais médiatiques, puis dans les médias alternatifs et/ou indépendants type Mediapart. De ce point de vue uniquement médiatique, le tribun des forces de gauche – qui a toujours tenu le même discours tout en devenant la terreur des journalistes – a créé la surprise en prenant la place du « troisième homme » dans les sondages. Tout d’un coup, de nombreuses rédactions jusqu’alors sourdes et aveugles à ses discours, de celles qui ne lui accordaient qu’un regard amusé mêlé de condescendance (assorti par là d’un fort mépris pour tout l’espoir qu’il suscite auprès des milliers de militants et partisans du FdG, toujours plus nombreux) ont commencé à réajuster le tir pour finalement lui consacrer leur Une ces derniers jours… Mélenchon fait même vendre le Figaro, quelle ironie !

D’un point de vue plus social et politique, le Front de Gauche a déjà pour lui cet honneur d’avoir relevé le niveau des débats, de s’ancrer dans le réel et de faire revenir dans la Cité – la Polis des Grecs – tant de personnes désabusées par 20 ans de novlangue et de « politiquement correct ».

Un arc en ciel perce la morosité générale

Après le  fameux « Mélenchon (re)prend la Bastille » et son insurrection civile, on a donc eu ce lundi 2 avril « Le Front de Gauche fait son Bataclan » avec une sorte d’États Généraux de la Culture. Je n’ai été averti que le jour même par le texto ironique d’une amie, avant d’avoir cherché plus d’infos sur le blog de Jean-Luc Mélenchon. Comme beaucoup, je ne fais pas partie des convaincus et militants de la première heure, mais ce phénomène politique m’intéresse désormais vivement car il réveille enfin cette campagne atone, qualifiée de « frivole » outre-Manche (The Guardian). Il apporte enfin un vent d’espoir, une lueur guidant vers un changement de système sociétal, en attente et en souffrance depuis « la fin de l’histoire » postmoderne : encore une nouvelle imposture de ce néocapitalisme qui a tant besoin d’auto-consécration et ne souffrant aucune alternative, aucune (r)évolution, à l’image d’un démiurge ayant mangé son propre BigBang…

J’avais déjà loupé la manifestation/ meeting à la Bastille, évènement qui m’avait semblé exceptionnel lorsque vers les 17h30 j’avais fini par rejoindre à vélo l’emblématique place parisienne : les regards pétillants, les sourires lumineux glissant au dessus des tracts rouges qui jonchaient le sol m’ont tout de suite fait comprendre que je venais de rater un grand moment de joie et de partage. Cette fois-ci je serai à l’heure ! J’arrive donc devant le Bataclan pile à 19h30, comme me l’avait indiqué le blog de Jean-Luc (Internet favorise tellement ce sentiment de proximité !). Encore loupé me dis-je, car évidemment le succès aidant, le trottoir était rempli d’une foule nombreuse mais relativement calme. Une file s’étirait rapidement du boulevard Voltaire jusqu’au coin de la rue Oberkampf, le temps que je m’approche pour comprendre qu’en plus il fallait s’inscrire via le Net. Ce détail ne m’avait pas vraiment sauté aux yeux sur le blog de Jean-Luc… Doublement loupé, mais bon, je ne me démotive pas, et entrainé par les chants et la bonne énergie communicative des Mélenchanteurs, j’avance sur le trottoir.

Des airs révolutionnaires pour exorciser LA CRISE

Ce groupe d’une dizaine de jeunes et moins jeunes anime et distrait les gens faisant la queue (sans la gueule, chose rare à Paris). Un public déjà tout à fait acquis aux paroles et au style du groupe – lunettes de soleil, perruque fuchsia de travers et boa perdant ses plumes jaune canari – façon grosse biture qui commence à l’apéro et se termine aux aurores sur le quai avec le premier métro…

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Des rires francs, mais pas de chœur se formant spontanément. Les gens apprécient bien ces amuse-gueule épicés, mais ils se réservent apparemment pour le plat de RÉSISTANCE à l’intérieur.

Ayant suivi les Mélenchanteurs pour enregistrer quelques vidéos marrantes, je me retrouve donc à faire moi aussi la queue, en me disant comme beaucoup : « Après tout on verra bien, y aura p’têt de la place pour tout le monde, et en plus y parait qu’il y a des artistes au programme ».

Entrez libres, ressortez comblés !!

Le temps de discuter avec un adhérent du PC au léger accent méditerranéen, au sujet des futurs meeting de FdG à Toulouse et Marseille, j’arrive déjà à l’entrée, devant la table de comptage. « 40, c’est bon passez ! ». Même pas de fouille, un sourire, trop facile ! Je rentre dans le Saint des saints comme poussé par une petite brise printanière. Super me dis-je, je vais pouvoir régaler les lecteurs de lapartmanquante avec un croustillant reportage et de vraies photos originales prises sur le vif…  Sans invit, piston ou carte de presse, dans la fraternité, l’égalité et la bonne humeur !

Maintenant nous allons passer aux choses sérieuses, car je suis là pour entendre des discours raisonnés et argumentés, m’imbiber de convictions politiques, je veux pouvoir donner du SENS à mon possible ralliement au Front de Gauche. Et là quelle bonne surprise, je comprends enfin que je suis venu pour une grande soirée, programmée aussi par le PC, ayant comme thème central et unique la CULTURE, l’Art et l’information. Information prend rarement une majuscule (même si j’estime que ce que je fais en ce moment pour retranscrire et diffuser l’expérience de ce moment unique est tout un art) mais peut-être qu’avec Jean-Luc, même les présentateurs du JT de TF1 seront libres un jour et le droit à une information intelligente, libre et critique pour tous ne sera plus seulement un fol espoir !

« Quelle humanité voulons-nous être ? »

En attendant je me place derrière le paravent de trépieds et de caméras, face à la scène, entre le bar derrière et le parterre devant. La salle est remplie, mais pas bondée et irrespirable comme dans le RER à l’heure de pointe. Au contraire on sent une foule souple et impliquée à la foi, des habitués des salles de spectacle ; c’est simple il n’y a pratiquement là que des représentants des professions ayant trait la culture, des poètes du quotidien, des rêveurs, des bobos et des ouvriers du livre, des techniciens de l’audiovisuel…  Bref, que des « gens bien », mais pas triés sur le volet, au milieu desquels je me sens à l’aise ; ça tombe bien, j’ai l’intention de rester ! Mais comment ont-ils fait tous pour conserver, dans ce monde impitoyable, une bonne dose de tolérance, de savoir vivre et de philosophie (il en faut pour survivre dans tous ces métiers) ? Le yoga ou la pratique artistique peut-être…

Sur un ton familier, le médiateur lance la soirée. Elle durera… trois heures environ (moi qui m’attendais à un discours enflammé de 20 minutes façon Bastille) avec l’intervention ponctuelle de musiciens. La prise de parole est bien organisée et intéressante ; d’un point de vue scénique, elle occupera de la meilleure manière tout l’espace du Bataclan. Il y a tout d’abord un petit aréopage de responsables politiques issus pour beaucoup du PCF et ayant participé à la rédaction du projet pour l’art, la culture et l’information qui prennent la parole à tour de rôle sur la scène centrale. Puis à gauche ou à droite, dans les balcons du premier niveau, les projecteurs font ressortir du public des acteurs de la vie associative, des collectifs de professionnels ayant une revendication.

Prises de paroles : le pouvoir des mots

Les personnalités qui interviennent sur scène, en introduction à cette soirée explicitent différents chapitres du livre tout fraîchement paru aux Éditions Leprince : « Quelle humanité voulons nous être ? Un projet pour l’art, la culture et l’information« , qui est une plateforme de réflexion ouvrant à un grand remaniement de la politique culturelle, si les élections présidentielles et législatives 2012 confirment la poussée mélenchoniste. Claude Michel cite Roland Gori, psychanalyste dont la parole et le langage ont une place essentielle dans son écriture et son enseignement. Car il s’agit avant tout ce soir comme dans chaque réunion FdG de se réapproprier symboliquement les mots, de libérer la parole qui comme chacun le sait depuis Deleuze et Foucault, est un réel enjeu de savoir et de pouvoir. C’est effectivement encore ce soir, avec tous ces gens de culture, que le langage s’affirme comme le pivot de la pensée consciente, autour duquel s’articulent tous les discours et les actes, et grâce auquel on se construit soi-même. Et c’est uniquement grâce au dialogue qu’une société peut se penser et s’élaborer démocratiquement. Afin de le prouver, Paul Sevillard nous offre ce beau lapsus : « la profonde conviction du con de gauche » qui fait rire toute la salle et replace quelque part les choses dans une réalité très… humaine justement (l »humour est aussi un art, parfois improvisé). Remettre l’humain au centre de la société, c’est en gros le fil conducteur de la soirée, et plus généralement le cordon ombilical dans la dynamique du Front de gauche. Le public est déjà un peu chauffé et plus concentré.

Éducation populaire et éducation artistique

Claire Pessin-Garric, de la Commission Culture du Parti de Gauche a insisté sur la nécessité indispensable de remettre l’éducation artistique à l’honneur et au cœur du système éducatif, généraliste comme professionnel, de la maternelle au bac. Tout cela pour nous démontrer que la culture, ce n’est pas celle « de masse », abrutissante, que les médias mainstream tentent de nous imposer chaque jour davantage et partout sur la planète. Au contraire, c’est une force qui permet d’ouvrir les horizons, d’élaborer un sens critique, de relier les diversités. Contre la logique d’appauvrissement et d’exclusion partout en œuvre, ce projet élabore concrètement une politique de mise en valeur des talents créatifs de chacun, irriguant tous les niveaux de la société civile, en partant des collectivités locales jusqu’aux instances nationales. Le ministère de la Culture verrait son budget doublé (1% du PIB, on attend impatiemment un vrai ministre à la place de l’ectoplasme actuel). La RGPP, Révision Générale des Politiques Publiques dont le secteur de la Culture a été la première victime – avec une destruction de services entiers, un dégoût grandissant de ses acteurs, pour au final des économies dérisoires – serait abandonnée. L’art émancipe et crée toutes formes de valeurs : des artistes/créateurs aux spectateurs/lecteurs il permet de se (re)construire, de mieux vivre ensemble. Il favorise l’imaginaire, incite à avoir des idées et des initiatives jusque dans le monde de l’entreprise (par exemple revaloriser l’inventivité des techniciens, le nombre de nouveau de brevets est en chute libre depuis de nombreuses années, depuis que la non-pensée est devenue le dogme de notre société) et peut stopper la logique dictatoriale de petit chef qui empoisonne tant de structures privées comme publiques et tue dans l’œuf toute initiative constructive. L’exemple venant d’en haut, il faut en finir avec ce formatage qui nous transforme en esclaves modernes, en pièces participant du grand rouage ultra-capitaliste dans une société de néo-cons. Je crois bien avoir saisi le message…

La culture au centre du nouveau projet de société

Ridan au Bataclan

Les artistes ce soir étaient bien plus qu’un alibi de campagne électorale, type Mireille Mathieu. Ils étaient venu défendre un territoire de liberté, le leur comme celui de tout un chacun, le droit au rêve, le droit à se surprendre et à se découvrir soi-même, à s’ouvrir aux autres, à se surprendre ensemble, à avancer côte à côte. Le vrai partage étant celui des valeurs non monnayables, le don, l’amour désintéressé comme noble motivation. Et bien sûr dans cette philosophie, la loi Hadopi doit être absolument jetée aux oubliettes ! On entend déjà les tenants de la doctrine « réaliste » qui ricanent, toujours accrocs au cynisme ambiant et à la défaite morale…

Culture dominante = culture des dominants

Le règne rampant de la médiocrité, du strass et du divertissement comme unique programme culturel se fait pour le plus grand profit d’une minorité de possédants, les même qui demandent toujours plus de dérégulation, de flexibilité et de transparence pour les autres et d’opacité et d’avantages fiscaux pour eux-mêmes. Afin de contrer cette offensive mondialisée – acculturation et réécriture partisane de l’Histoire par exemple ne sont que des symptômes d’une maladie mortelle – certains acteurs du monde culturel français, présents sur le terrain, ont pris successivement la parole sous les feux des projecteurs. Voici un petit descriptif, car comme dit Jean-Luc, ce n’est pas un quelconque leader qui changera la société, mais les citoyens eux-même :

« Notre domaine c’est celui du genre policier, du roman noir. Dans nos livres, à notre façon, nous témoignons de l’état du monde, d’une société malade du fric et du profit, de l’asservissement des petits au credo des chantres du libéralisme. »

  • Puis il y eu une belle et émouvante prise de parole par Marion Mazauric, éditrice indépendante (Au Diable Vauvert) qui nous fit partager son ras-le-bol de la culture dominante des nantis et des fils à papa, son vertige face au fossé qui se creuse entre une pseudo-élite et le reste de la population, la seule culture existant pour cette caste généralement en manque d’innovation artistique étant celle du fric.

San Sévérino chante Johnny Cash au Bataclan

  • Hayat Dhalfa (Adjointe à la culture du Maire de SaintOuen) était aussi très remontée contre l’appauvrissement programmé de la culture en banlieue (Espace 1789) et la frustration de tous ces jeunes qu’elle rencontre, déboutés par manque de moyen hors des centres culturels, MJC et autres structures artistiques publiques. Quelle idée se forgent-ils de la société si celle-ci les refuse, rigide dans son dogme universel de la concurrence ? Comment peuvent-ils évoluer dans un monde qui leur ferme tous les horizons et leur interdit de rêver ?…
  • Une association pour les jeunes en situation d’urgence dont j’ai zappé le nom aborde le problème de la formation professionnelle.
  • Les Indignés du PAF exigent le droit à une information impartiale pour les Français – la France est actuellement classée 38éme par Reporters sans Frontières sur la liste par pays de de la liberté de la presse, juste derrière le Salvador.

« La démocratie a besoin des (bons) journalistes. Les patrons de presse devraient comprendre qu’à l’heure d’internet, nous risquons de ne plus avoir besoin des média. L’information circule très vite et les bonnes informations trouvent leur place et leur canal de diffusion. Mais les citoyens doivent être conscients que nous faisons une erreur. Si quelqu’un coupe ou filtre le net, les nouveaux circuits disparaissent. Il restera toujours quelque chose d’une rédaction qui se connaît, se voit et travaille ensemble: la nécessité vitale d’informer et de débattre. »

Les Artistes à l’honneur :

Noémie Boutin, Bach et le numérique

C’étaient bien eux les principaux concernés par cette soirée, le point de départ de toute vie artistique et culturelle. Les musiciens, gens du théâtre, comiques annoncés sur le programme n’étaient pas tous présents, ainsi Bernard Lavilliers n’a pas pu se déplacer à cause d’un problème de santé. Pendant deux ou trois morceaux, Ridan, San Sévérino, Agnès Bihl ont chacun investi la scène. Noémi Boutin, violoncelliste du Quatuor Béla a souligné, après avoir joué une sonate de Bach, combien cela lui faisait plaisir de représenter la musique classique, et le fait que dans ce genre de rassemblement cette discipline artistique était très rarement de la partie. Cette fois oui ! Albert Mesley (comique, théâtre Hébertot) a lâché quelques formules mordantes : «  Si les riches ont du bien, les pauvres ont du mal », «  La fin de monde sera de gauche, car si les fortunes seront anéanties, les dettes seront également effacées ». Tandis que Jacques Serres a servi un conte un peu alambiqué « Château pointu ».

De temps en temps on sentait que ça décrochait près du bar, au comptoir. Difficile pour certains de se concentrer pendant plus de deux heures mais parfois les chuuuuuut calmaient quelques conversations trop expansives ! Une réflexion un peu glaçante d’un trio en fin de soirée, pour déplorer le fait que même parmi les professionnels de la culture, on avait bien du mal à installer ce moment magique pendant lequel l’art du spectacle peut pleinement se déployer (« la musique nait du silence »).

Mais la vraie super star de la soirée, c’était évidemment Jean-Luc Mélenchon !

Jean-Luc Mélenchon au Bataclan

Révolution culturelle, révolution citoyenne

Je me rends compte que j’ai été bien long pour décrire le déroulement de cette soirée exceptionnelle, mais la qualité des interventions méritait de faire dans le détail. Aussi je ne développerais pas trop le discours de Mélenchon ce soir-là (Ooooohh), sur lequel la plupart des journalistes présents et assermentés s’est concentré, toutes caméras tendues, et dont vous trouverez le compte-rendu facilement sur le net, ici ou par exemple. J’ai retenu cependant (outre sa rhétorique pour remettre l’humain au centre du projet de société, associer les citoyens à toutes les formes de création comme base de la démocratie participative, etc…) que pour Méluche, le changement du statut des intermittents du spectacle a été « le brouillon » pour le détricotage actuel des droits des travailleurs dans tous les secteurs. Il prône donc non pas une « Révolution Culturelle à la Mao », détruisant le peu de ce qui nous reste encore de structures artistiques viables, mais une véritable révolution des institutions culturelles, de nouveaux réflexes démocratiques (participant de sa fameuse 6éme République avec la convocation d’une constituante) afin de faire naître un nouveau rapport du citoyen à la culture, dépassant celui du consommateur à la marchandisation du moindre espace, et surtout de remettre l’art, le rêve, l’imagination au centre de notre vécu. Chacun d’entre nous, sans être forcément un artiste, peur être un créateur. La culture ce n’est pas seulement des institutions, des programmes, des budgets de fonctionnements à l’ancienne mode Malraux/5ème république, c’est un vrai projet de société et une philosophie de vie globale, afin que chacun soit capable de réinvestir le terrain de l’espérance, de se projeter dans un futur qui intègre tous les possibles et peut-être in fine de pouvoir vraiment DANSER SA VIE selon la belle formule de Nietzsche, encore un autre révolutionnaire. Toujours se donner la possibilité de rêver et de croire !…

Voilà, la soirée touche à sa fin, je zappe les deux dernières contributions artistiques. Mais avant de sortir, je me dirige vers la table où sont mis en vente quelques ouvrages, dont le fameux « Quelle humanité voulons-nous être ?… » qui se vend comme des petits pains à 3€. Un extrait qui résume toute la soirée dès la première page :

« Parce qu’il s’agit de mettre en débat des alternatives, de nommer les souhaits communs de celles et ceux qui rêvent d’un monde nouveau, nous voulons faire de la culture un moteur de la transformation sociale. Les forces de la création, conjointement à celles du travail, doivent reprendre le pouvoir sur les mots et les symboles que le capitalisme financier a détourné de leur sens pour imposer ses seuls critères quantitatifs et concurrentiels à tout le champ des activités humaines. »

Reprendre la main en 2012

Oui, l’espoir est encore possible aujourd’hui, l’histoire ne s’est pas arrêté, bloquée dans les rouages infernaux de la finance internationale ! Après cette soirée traitant de thèmes qui me sont fondamentaux, j’en suis convaincu ! En politique française, le XXIème siècle commence enfin en 2012  : après avoir voté NON au projet liberticide du traité européen en 2005 (une belle manœuvre antidémocratique de A à Z), après avoir regardé rapidement mais avec espoir en direction du mouvement écolomolo, parié un peu sur Montebourg, puis accessoirement voté la mort dans l’âme Chirac en 2002 (qui n’avait pas besoin des voix de gauche pour battre Le Pen, encore un beau vote « utile » à l’époque..) pour contrer les néofascistes, c’est décidé, au premier tour de la présidentielle 2012, je n’écoute que mon cœur et ma raison, je vote Mélenchon !!

Allez, pour le plaisir et l’ambiance, on retourne dans la rue (ils descendent aussi animer le métro) avec les Mélenchanteurs :

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Le billet est long, mais n’hésitez pas à poster un commentaire !!

FH

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2 commentaires pour Soirée du Front de Gauche pour la Culture, l’Art et l’information

  1. Hélène dit :

    Merci infiniment pour votre billet, pas trop long, il faut ça, et surtout pour la citation du livre du Front de Gauche dont je cherchais la référence. Il est à ce propos en ligne ici : http://issuu.com/longepierre/docs/quelle_humanit-

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