A Tribute to : l’ancien entrepôt RATP, Paris 20éme

Le grand mur d’enceinte de cet entrepôt abandonné n’est plus, retour sur ses plus beaux moments de graffiti en live

Destruction de l’ancien entrepôt RATP, photo http://centrebuslagny.canalblog.com/

Depuis la destruction pratiquement achevée de l’ancien entrepôt RATP rue des Pyrénées/rue de Lagny dans le 20éme arrondissement, les terrains d’expressions libres pour les artistes du Street Art parisien commencent à se réduire comme peau de chagrin. Ce processus n’a pas commencé avec la disparition de ce fameux spot, immense œuvre collective exposée à tous sur le grand mur d’enceinte long de plusieurs centaines de mètres, en perpétuelle re-création ; lapartmanquante s’est d’ailleurs plusieurs fois intéressée à ce lieu emblématique de la scène du Street Art parisien avec Le palais du graff de la rue des Pyrénées et “Graffiti All Starsz for Japan”, fresque murale collective.

Paris devient trop « clean »

Il a débuté il y a déjà au moins 15 ans, avec une boboïsation progressive des quartiers populaires comme le haut-Belleville (Gambetta), depuis que le nord-est de Paris s’est avéré être le dernier eldorado pour la spéculation immobilière intramuros. Après le chantier de réhabilitation du 13éme autour de la Grande Bibliothèque, la course au profit immobilier, à la rénovation du bâti ancien et à la construction de logements neufs (plus confortables mais pas toujours architecturalement intéressants et off course toujours plus chers) s’est orientée vers ces quartiers réservant encore beaucoup de plus-values potentielles. Le nord-est parisien, comprenant les 18éme, 19éme et 20éme conserve toujours d’importantes friches industrielles, cependant toutes en cours de réhabilitation comme c’est le cas Porte d’Aubervilliers. La petite ceinture qui passe sous le parc des Buttes Chaumont reste un terrain de jeu pour les graffeurs et les amateurs de sensations urbaines alternatives, mais avec le chantier du tramway qui sera bientôt livré, nul doute que cette zone sera progressivement nettoyée ou mise sous cloche.

Libérer la geste artistique

Ainsi depuis quelques années, toutes les espaces propices à l’expression artistique libre et en plein air disparaissent les uns après les autres, ou reçoivent une sorte de sanctuarisation qui parfois les asphyxie ; de la même manière que les squats artistiques, s’ils n’ont pas tous disparus de Paris, mais se sont considérablement assagis… les véritables friches artistiques inventives se réduisent inévitablement, à une vitesse qui s’accélère sous les coups des pelleteuses pour réduire toute cette énergie artistique en un tas de débris de béton et de ferraille. Mais c’est là le destin de l’art urbain, par définition éphémère… Mais où va s’opérer concrètement le rebond dans Paris ? Certains spots de « résistance » sont encore en activité, comme la rue Denoyez et la Kommune à Belleville, ou le quai de Valmy dans le 10éme, des espaces de création vivants sur lesquels nous reviendrons ici. Un lien pour repérer les différents spots : Paris Street Art.

C’est une page qui se tourne mais lapartmanquante vous réserve une bonne surprise, car elle vous ouvre ici son album photo avec une belle série de clichés pris un peu au grès des passages dans ce coin et du climat parisien. En plus d’être devenu un fabuleux terrain de jeu pour les graffeurs et artistes du Street Art, ce lieu fut l’objet d’un grand intérêt de la part des riverains et des passants. Les photographes se régalaient aussi et certains venaient régulièrement et méthodiquement enregistrer l’évolution graphique des façades.

Expression artistique : Interdit d’interdire !

Voici donc un dernier hommage à ce lieu unique du 20ème arrondissement que fut cet ancien entrepôt RATP, avec ce diaporama où l’on peut voir parmi les œuvres fulgurantes, des artistes en pleine activité tandis que les passants, accrochés l’espace d’un dixième de seconde photographique, se mêlent graphiquement aux façades entièrement recouvertes de graffitis. Un œil un peu averti peut aussi suivre l’évolution plastique dans le temps de ce gigantesque atelier à ciel ouvert et ouvert à tous, dont les œuvres peintes et re-bombées parlent d’elles-même. Dans cette frénésie créative, même les panneaux de circulation sont détournés ou tagués !  Un album exhaustif – environ 80 clichés exceptionnels – qui parle de lui même :

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©Florent Hugoniot, rédaction et photographie

Si vous reconnaissez des artistes (ou si vous vous reconnaissez !) n’hésitez pas à laisser un commentaire avec les noms, ce qui permettra de mettre une signature sur ces œuvres souvent anonymes. Vous pouvez aussi laisser un commentaire juste si le billet vous a plu !

Toutes les photographies de cet article sont soumises au droit d’auteur, merci de le respecter.
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