Puebla, cité des Anges et paradis de la céramique

« Angelis suis Deus mandavit de te ut custodiant te in omnibus viis tuis » (Dieu a envoyé Ses Anges, à toi de faire en sorte qu’ils guident toujours ta destinée).

Devise de Puebla, capitale de l’état de Puebla, Mexique

Casa de los muñecos, Puebla

Une ville nouvelle pour un projet politique neuf

Puebla de los Ángeles ou encore Heróica Puebla de Zaragoza est un bijou de la renaissance baroque, sculpté, peint et émaillé par les mains délicates des anges. C’est du moins ce que veut la légende de sa divine conception…

Située sur l’altiplano, à plus de 2000 m d’altitude, au sud-est de Mexico City, entourée par les imposants volcans Popocatepétl, Iztaccíhuatl et de la Malinche, elle bénéficie d’un panorama majestueux. Ville nouvelle construite par les indiens pour les conquérants espagnols, elle s’est développée entre les cités précolombiennes historiques voisines d’Atlisco, de Tlaxcala et surtout de Cholula, la plus proche, qui fut détruite en 1519 puis réorganisée principalement par l’ordre catholique franciscain.

Coupoles de l’église principale de San Geronimo, Puebla

… »En sus cartas a la reina gobernadora doña Juana, madre del emperador, le hacía saber que Tlaxcala tenía una población de naturales numerosa y era imposible admitir españoles conquistados, (porque éstos) los inquietaban obligándoos a serviles (…) »

Debido a que las altezas imperiales habían recibido, desde los orígenes de la conquista, pésimos informes del como se trataba a los naturales en las encomiendas sus ordenamientos siempre fueron dados en el sentido de fundar pueblos en los que no se mezclaran los españoles en los asuntos y las personas de los naturales. Estos poblamientos o « pueblas » debían ser creaciones nuevas.

Es en esta tesitura cuando surge, para la región ante dicha, la primera Cédula Real que daría origen a la nueva Puebla »…

Sánchez Flores Ramón, Memoria  de la ciudad de Puebla de los Ángeles y de Zaragoza. Escala nobiliaria y cívica 1531-1987, Benemérita Universidad Autónoma de Puebla, 2001, pag. 12

Voici une traduction de cette citation :

… « Dans les courriers adressé à la reine Juana, mère de l’empereur, il fut porté à sa connaissance le fait que Tlaxcala avait une  population indigène nombreuse, population inquiète à l’idée de devoir servir les nouveaux arrivants espagnols, et qu’il serait donc impossible d’y admettre ces derniers. »

Comme les altesses royales ont reçu, depuis les origines de la conquête, des informations regrettables concernant la manière dont les indigènes étaient traités, dans leurs recommandations, celles-ci mirent l’accent sur le fait qu’il serait préférable de fonder des villes dans lesquels ne se mélangeraient pas, pour les affaires quotidiennes, les Espagnols et les natifs. Ces colonies ou « pueblas » devraient être des créations nouvelles.

C’est de cette manière qu’apparu, pour le bonheur de la région, la première ordonnance royale qui donnera l’acte de naissance de la nouvelle Puebla ».

Un rêve d’architectes et un modèle d’urbanisme

Plan de Puebla, autour du zócalo

De fait, Puebla est sortie ex nihilo de terre en 1531. La vice-monarchie espagnole avait également grand désir de faire du passé indien table rase, et d’appliquer les nouveau plans et canons esthétiques de la Renaissance italienne, qui influença toute l’Europe puis se « mondialisa » en se propageant à l’Amérique centrale et à l’Amérique du sud. Les urbanistes modernes du XVIème siècle réactualisèrent les schémas des villes de la Rome antique. Paradoxalement, les tracés rectilignes et parfaitement orthogonaux des nouvelles artères reprirent, au delà des axes sacrés de la ville romaine que sont le decumanus (est-ouest) et le cardo (nord-sud), les règles d’harmonie et de construction définissant les anciennes villes aztèques, telle Tenochtitlán, leur capitale (tombée en 1521 et devenue Mexico City), une petite île entièrement aménagée selon un plan orthogonal de rues et de canaux ; ou encore, comme Teotihuacán, la plus grande ville de toute la Mésoamérique, qui connu son apogée entre 150 et 450 de l’ère chrétienne et qui sut rassembler dans ses différents quartiers Zapotèques, Mixtèques et Mayas venus d’autres horizons.

Maquette de la ville de Tenochtilán, Mexico city

Cités-palimpsestes, les villes coloniales espagnoles pouvaient se superposer aux plans des anciennes villes indiennes : tracées au cordeau, celles-ci furent pourtant écrasées par les conquérants, entrainées dans l’oubli et les abysses du temps. Ce fut le cas à Mexico City, puisque la grande place centrale du zócalo fut aménagée sur les décombres du Recinto sagrado (enceinte sacrée) des Aztèques. Il comprenait une grande pyramide au nord, le Templo Mayor, dédié à Huitzilopochtli et Tlaloc, respectivement dieux de la guerre et de la pluie, qui fut rasé tandis qu’à quelques mètres s’édifiait progressivement la nouvelle cathédrale des chrétiens.

Au contraire, la ville de Puebla ne s’est pas construite sur d’anciens édifices indiens, mais dans une plaine fertile traversée pas un cours d’eau, l’Atoyac, qui déborda souvent avant d’être contenu puis recouvert en partie. C’est même la première ville construite par des colonisateurs espagnols dans le centre du Mexique qui n’ait pas été construite sur une ancienne cité amérindienne. Mais c’est un projet porté par la religion catholique universel, cependant fondé sur un modèle économique initialement ségrégationniste, intégrant toutes les populations mexicaines du fait de l’émancipation du joug espagnol.

«Puebla est située à mi-chemin entre la ville portuaire de Veracruz et Mexico, précise-t-il. Ciudad de los Angeles, comme elle s’appelait à l’époque, fut fondée pour servir d’étape sur la route qui acheminait au port l’or que convoitaient tant les Espagnols. Au XVIe, au XVIIe, au XVIIIe siècle, Puebla fut un centre décisionnel politique, économique et religieux de première importance, où vivaient un évêque et le vice-roi. À ce titre, ce n’était pas une ville coloniale, mais vice-royale.»

Germán Ruiz Ramírez

Puebla est un modèle expérimental, le fruit d’une projection et de la maturation du temps. Planifié, son centre-ville historique illustre l’idéal des urbanistes de la Renaissance. Ses rues et avenues sont nommées nord/sud/est/ouest et systématiquement numérotées en zones paires et impaires, d’une manière croissante à mesure qu’on s’éloigne du centre. Elles découpent à angles droits toute la ville, avec ses nombreuses églises baroques (128 environs), ses palais magnifiques et ses patios, la ville est un modèle du genre, en plus d’être un enchantement à ciel ouvert. La place centrale appelée zócalo (un jardin au dessin symétrique, poumon vert destiné à la relaxation, la déambulation amoureuse et familiale et les animations récréatives et urbaines de tout genre) se retrouve ici comme dans chaque cité coloniale mexicaine, du simple village à la mégapole. Elle est encadrée par une galerie voutée, dominée par le bâtiment de la municipalité au nord et la cathédrale au sud. On pense ici aux dessins réguliers et harmonieux des mandalas, toujours composés autour d’un centre et qui font penser à la cartographie d’une ville idéale.

Le centre historique, très étendu, est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les bâtisses anciennes y sont souvent peintes de couleurs vives et élégamment contrastées, comme partout ailleurs au Mexique. Mais, particularité de Puebla, il est fréquent d’y voir des façades entièrement recouvertes de carreaux de céramique peints à la main et émaillés. Sur d’autres bâtiments, ce sont justes les encadrements de portes et de fenêtres qui sont ornés, avec beaucoup d’inventivité. Car Puebla est vite devenue, depuis sa création au début du XVIe siècle, très réputée pour ses poteries émaillées, les fameux talaveras. Et elle s’en est recouverte, ce qui lui donne son style particulier. On pense aussi à la ville de Samarkand, célèbre pour ses céramiques bleu-or qui ornent entièrement minarets et coupoles. Une des qualités du décor de céramique étant de garder la vivacité des coloris et de résister aux usures du temps, afin de donner aux réalisations une touche d’éternité.

La talavera poblana

Disposant de bons terrains argileux à proximité, l’art de la céramique, importé par les Espagnols, s’y est rapidement développé, et la ville en a fait sa spécialité. Dans l’art de la talavera, la vaisselle usuelle décorée, les objets en céramique d’apparat, mais aussi le moindre carreau faïencé sont entièrement fabriqués et peints à la main, selon une tradition transmise par les grands ateliers de la ville.

La céramique était largement développée dans la Mésoamérique depuis les temps les plus reculé, mais la faïence est arrivée avec les européens. La talavera est une céramique populaire d’origine arabe introduite au Mexique lors de l’époque de la conquête espagnole au XVIe siècle. Cet art aurait été enseigné aux communautés autochtones par les moines Dominicains. Le terme talavera lui-même vient de la ville castillane Talavera de la Reina, d’où provenaient les maîtres céramistes qui se sont établis à Puebla aux premiers temps de la colonie. Comme les azuleros, celle-ci était à l’origine exclusivement blanche et bleue, et ses motifs géométriques, d’inspiration arabe. Puis d’autres oxydes furent utilisés, de nouvelles teintes apparurent, tels le jaune, le noir, le vert, l’orange, l’ocre et le mauve, tandis que les motifs floraux et figuratifs enrichirent les décors.

Mais elle se distingue par le fait que les peintres appliquent leurs décors sur une céramique blanche au préalable émaillée. L’âge d’or du talavera s’étend du XVIIe au XVIIe siècle, période pendant laquelle la corporation autonome des céramistes de Puebla pu s’organiser. La talavera poblana est donc un métissage sophistiqué entre la tradition artisanale locale, les azulejos espagnols, la majolique italienne, et trouve ses influences plus loin encore avec les apports antérieurs des techniques et des motifs arabes et chinois.

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Dans une fantaisie toujours renouvelée, décoratifs et signe extérieur de richesse, les carreaux de céramique peinte recouvrent façades, toitures et mobilier urbain. Ils animent les palacios (anciens palais) coté rue et côté patio (cour intérieure), ponctuent les ouvertures, ornent les fontaines, dômes, et font scintiller Puebla sous tous ses angles. Ci-dessus dans le diaporama, on peut voir parmi les compositions classiques et baroques, souvent flirtant avec l’orient, l’influence du Barcelone de Güell et de l’Art-Déco, jusque à l’adaptation au style fonctionnaliste des années cinquante. Pas étonnant que dans ce jeu de reflets infinis, la ville des Anges devienne un peu narcissique. Les nombreuses églises catholiques, dans le but d’offrir une vision dans toute sa magnificence de la nouvelle organisation chrétienne, ont surenchéri d’ornements extérieurs et intérieurs. Certains racontent que les coupoles des églises, qui sont dressent vers le ciel leurs courbes totalement recouvertes de talaveras, reflètent parfois les ailes des chérubins, qui y viennent jouer à cache-cache et s’y mirer…

Quelques exemples remarquables : l’ancien palacio de l’évêché qui est aujourd’hui la Casa de la Cultura, la Casa de los muñecos (la maison des marionnettes, photo plus haut) dont les carreaux caricaturent d’anciens dignitaires de la ville ; Les bâtiments du centre historique appartenant à l’université autonome de Puebla.

Façade de la fabrique historique de talavera, Uriarte

Si la «ville des anges» compte une demi-douzaine de fabriques de talavera, Uriarte (911 Avenida 4 Poniente) est la plus réputée d’entre elles et l’une des plus anciennes. Attenante à l’atelier, qu’on peut visiter, une salle d’expo présente la production de la maison. Deux types d’argile entrent dans la composition des talaveras, et selon la taille de la pièce et la complexité de ses dessins, il faut compter de quatre à six semaines pour la réaliser. Chacune est d’ailleurs signée, comme une œuvre d’art.

Uriarte

D’autres maisons célèbres :

Talavera de las Américas

Talavera Celia

Talavera de la Reyna

Les habitants de Puebla sont très fiers du patrimoine artistique de leur ville. Au risque de paraître conventionnelle et distante, la bourgeoisie de Puebla cultive amplement cette fascination pour un passé glorieux. Mais on peut y retrouver auprès de la population, dans les rues et au milieu de l’agitation urbaine, le même accueil chaleureux qu’on trouve généralement partout au sud du Mexique. Le centre-ville historique, comme le reste de Puebla, alterne quartiers cossus et endormis et quartiers populaires vibrants d’activité, villas de standing et immeubles sans charme, marchés villageois et centres commerciaux ultramodernes.

Du côté obscur de la ville

On dit aussi que dans le calme provincial de cette grande ville, entre les murs décorés de la ville ancienne, parmi les dynasties aristocratiques de Puebla, de nombreux narcotrafiquants s’y sont établi avec leur famille. Le statu quo de Puebla, où contrairement à d’autres grandes villes tel Veracruz, Monterey ou Acapulco règne le calme, viendrait de cette concentration de parrains de la drogue qui désirent y vivre en terrain neutre. Ils y jouissent du luxe et de la sérénité, pour eux et leurs proches, à seulement deux petites heures de route de la capitale. Il n’y a effectivement pas meilleur écrin pour y jouer le rôle social des apparences satinées et poser un masque angélique sur des activités criminelles. Né mexicain, Chabrol y aurait certainement trouvé un environnement idéal pour tourner certains de ses films ! Roberto Saviano, l’écrivain militant italien qui a écrit Gomorra, fameux pamphlet anti cartel de drogue, et qui connaît donc bien le sujet, a lui-même souligné ce paradoxe.

Le passé composé au présent

Penchée avec majesté vers les splendides vestiges de son passé glorieux, Puebla préserve son patrimoine architectural, entretient son image de mécène des arts décoratifs et essaie de rénover progressivement les nombreux bâtiments anciens laissés à l’abandon (bien que certains soient déjà dans un état de ruine avancé). La tâche est grande et les moyens réduits, malgré le parrainage de l’UNESCO. Il est amusant de constater combien l’activité quotidienne, avec les commerces de rue, anime dans un tourbillon incessant cette ville altière. Entièrement vouée au tourisme, elle paraitrait un peu surannée et nostalgique.

La ville des Anges cultive jalousement son identité, dans laquelle la talavera, avec la gastronomie, occupe un rôle de tout premier plan. On peut s’y griser à l’envie de tant de splendeurs baroques, de ce soin du détail sur chaque construction. L’ingéniosité dans l’alternance des espaces publics, placettes, des patios et des espaces semi-privés lui donnent tout son charme. Aérée, lumineuse, ornée avec goût, la vieille ville offre une variation de promenades à l’occasion desquelles les curieux découvriront toujours un nouvel élément de décor ou d’architecture surprenant.

Au delà d’une fascination pour un patrimoine culturel richissime, le génie de la population indienne et métisse, initialement laissée à l’écart du développement économique de Puebla comme des autres villes coloniales, est d’avoir su progressivement s’approprier les fastes de vice-monarchie espagnole pour réinventer et mettre en pratique sa propre conception de la cité, sans exclure aucune partie de la société.

Avec l’augmentation constante de son nombre d’habitants et de sa superficie (elle touche désormais la ville de Cholula avec laquelle elle forme désormais une grande métropole de plus de deux millions d’habitants) Puebla est aussi une ville en devenir. Les chantiers de constructions ultramodernes s’avancent et étendent l’emprise de la ville sur la plaine, dans une esthétique parfois glacée et fonctionnelle : le verre et l’acier, la pierre polie utilisés pour les nouveaux bureaux, centre commerciaux et immeubles d’habitation ouvrent de nouvelles perspectives, mais manquent de personnalité, de convivialité, et ne vont pas vraiment dans le sens du ravissement…

Comme de nombreuses villes post-modernes, Puebla évolue vers une organisation éclatée, avec un centre historique préservé et semi-piéton, et des zones résidentielles et des périphéries commerciales désincarnées et vouées à l’automobile. Certains quartiers, qui sont d’anciens villages voisins absorbés progressivement, conservent cependant une vie et une convivialité propre à leur organisation et à leur histoire. Quand aux fractionamientos, zones résidentielles isolées par de hautes enceintes en béton ou en grillage, et entièrement surveillées par des sociétés de gardiennages, elles entrainent au contraire la privatisation de rues entières. En devenant un obstacle dans la pratique de la ville au quotidien, ces zones de l’entre-soi sont à l’opposé ce que la vieille ville propose avec génie : libre circulation dans ses rues et avenues, avec un repérage efficace, confort piéton avec ses passages, places et marchés, et surtout rencontre et brassage entre les différentes populations qui l’habitent.

Puebla nous tend un miroir dans lequel on peut traverser les âges, un miroir parfois éclatant, parfois mélancolique, dans le reflet duquel glisse la tête du dieu Janus aux deux visages : celui du passé et celui de l’avenir. Mais il permet surtout de constater combien le brassage des différentes cultures réinvente le présent et permet de créer de nouvelles formes artistiques, de nouvelles manière de vivre ensemble. Comment une ville est avant tout riche de ses différentes histoires et de son adaptation aux nouveaux modes de vie. Et aussi combien l’idée idéale de la ville nouvelle, d’une société nouvelle, est un mythe vieux comme l’humanité ! Le centre historique de Puebla illustre parfaitement cet ancien rêve d’une ville nouvelle, utopie devenue réalité. Plus récemment, les exemples architecturaux de Chandigarh (Inde) et Brasília (Brésil) ou encore la cité utopique et en développement constant de Auroville (Inde) nous offrent d’autres pistes et d’autres interprétations. Et le désir d’un village, certes global, mais surtout harmonisé, fluide, soucieux de ses habitants et de son environnement n’a jamais été aussi nécessaire qu’aujourd’hui !

Florent Hugoniot

Merci à Juan Carlos Maceda, et les informations du site http://www.ledevoir.com/art-de-vivre/voyage/151449/puebla-bijou-de-ceramique m’ont été précieuses.

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