Arte de la Tierra en el desierto

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La mer dans le désert… C’était le thème avec lequel on s’était tous embarqués dans l’aventure, une dizaine de rêveurs, direction Real de Catorce dans l’État de San Louis Potosi, au centre du Mexique. Une aventure artistique, une intervention dans le semi-désert – bien vert en ce mois d’octobre particulièrement pluvieux pour cette région aride – initiée par les ateliers de sculpture de l’Instituto Zacatecano de Cultura. Pour cette virée de deux jours sous le signe du Land Art, les deux règles étaient de n’utiliser que des matériaux naturels trouvés sur place, d’évoquer la présence de la mer là où on s’attend à la trouver le moins du monde…

real 007La troisième règle était de laisser libre cours à son imagination sur cette page vierge, géante, où en pointillé, entre la volonté d’imprimer sa trace et la réalité du terrain se redessinent progressivement des paysages intérieurs, des objets de désir.

Quatre projets ont progressivement émergés du sol rocailleux. Oswaldo Lugo a fait apparaître un énorme poisson de terre, rafraîchi et durci le lendemain par la pluie. Sarah Goaër est partie à la pêche au petits goujons végétaux, qui d’un ruisseau à sec se sont envolés vers le ciel chargé de nuages et les montagnes environnantes. Iván Leaños a révélé un coquillage marin au creux de la terre tandis que Ariel Leaños a transformé une butte en énorme tortue marine. Fanny Bizien a fait une offrande de sculpture-fleur aux divinités du site. Moi, j’ai un peu tourné dans ce bout de désert avant de me fixer sur les rives d’un lit aride de rivière, pour imaginer comme l’emprunte du baiser laissé au sol par des vagues lointaines, un mirage chargé d’écume et de débris flottants, la trace océane déposée sur une plage de sable et de pierres. J’étais pas trop convaincu du résultat tout le long du processus. Finalement ça faisait comme un cheminement minéral et végétal qui s’ouvrait sur le paysage environnant, une invitation au voyage au delà de la chaîne de montagne à l’horizon, douces comme une caresse, comme le pelage d’un animal au repos.

Après avoir remué quelques kilos de cailloux sous le soleil mexicain se pose inévitablement la question de la nécessité de la création artistique, ici envisagée comme un acte gratuit, une offrande à quoi ?… La beauté du lieu, un moyen de ne pas devenir fou dans le no man’s land, une discipline pour la réflexion et la volonté…

DSC04041Le désert est habité et offre bien des surprises à qui sait voir et sentir. Une variété végétale dans lequel se cache le roi des Huichols, le peyotl, ce petit cactus hallucinogène sans épine qui, dit-on, apparaît aux humains quand il l’a décidé et qui aide à prolonger cet état de bien-être et de paix vers lequel l’activité artistique, la quête et l’inspiration conduisent.

Le désert, cette immensité toujours réinventée, le territoire de tous les possibles, où la vie et la mort se regardent en face, un biotope peuplé de concentrés organiques, de tous petits détails qui peuvent vous transporter vers d’autres immensités…

Florent Hugoniot

Référence bibliographique : Désert natal de Cédric Demangeot

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