Espoirs, grandeurs et déceptions au pays des Médiapartiens

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« Lewis Wickes Hine was an American sociologist and photographer. Hine used his camera as a tool for social reform. His photographs were instrumental in changing the child labor laws in the United States. »

Pourquoi je suis déçu de Mediapart

J’aimerai relater mon expérience en tant que lecteur de Mediapart, et en faire une analyse critique. Ce journal uniquement publié en ligne, apparu en 2008, serait le dernier fleuron, le trublion de la presse de centre-gauche française, c’est selon. C’est en tout cas le titre qui a fait le plus parler de lui ces dernières années, notamment suite aux affaires Woerth-Bettencourt et Cahuzac.

Ce texte est motivé par une frustration grandissante à la lecture de ses articles, nourrissant plusieurs questions concernant sa ligne éditoriale. En effet, ce projet éditorial me semble s’orienter de plus en plus vers le sensationnel – ou alors mes exigences ont changé – au détriment d’une déontologie journalistique, revendiquée ouvertement et bruyamment par l’ex-directeur de rédaction du quotidien Le Monde, Edwy Plenel. Une volonté de transparence et une éthique, qui voudrait que pour un journal d’opinion, les faits soient présentés premièrement de manière objective, et non déformés ou biaisés, pour pouvoir ensuite être accompagnés d’une analyse, d’un point de vue cohérent et explicité de l’auteur. Cela afin de susciter la réflexion la plus large des lecteurs, les réactions les plus éclairées dans les commentaires. Ça s’appelle de la déontologie, en terme journalistique, de l’éthique plus généralement. Beau projet, non ?

Or donner une lecture éclairante de l’actualité ne me semble pas être toujours la règle de Mediapart. Ceci est particulièrement vrai sur les sujets concernant l’international, où je soupçonne fortement une instrumentalisation de l’actualité. Préoccupant pour un journal qui se prétend de gauche, la gauche classique du PS, certes une gauche convertie au capitalisme (la deuxième droite pour certains), mais aussi impartial et incorruptible, en tout cas allant vers un plus de vérité. Or, on ne peut pas retirer au Figaro par exemple, emblématique titre de la droite, d’être mieux renseigné sur l’international, peut-être du fait de son réseau bien plus étendu dans le monde. Un point de ressemblance pourtant, Mediapart est comme son confrère tout à fait partial dans le choix de ses sujets et dans leur traitement. On le savait depuis longtemps pour le principal organe d’une droite rance et sans imagination, mais le mythe d’une presse indépendante est libre est encore écorné avec le bébé d’Edwy Plenel.

Logo-crieur- mediapart.svg_Concernant les actualités nationales, outre que le journal en ligne fut un soutien fidèle au PS de François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012, qui opposa ce dernier à Nicolas Sarkozy, mes accusations seront plus adoucies, car on ne peut que souligner le travail d’investigation courageux de nombreux journalistes, piliers de la rédaction ou collaborateurs occasionnels.

Pour autant, la manipulation me semble de plus en plus flagrante, et sans vouloir écrire un texte à charge, je ne ménagerai pas mes critiques car ma perplexité est grande. Mes conclusions sont tout à fait personnelles, mais certains lecteurs de Mediapart pourront s’y retrouver, et apporter leur témoignage, leurs doutes, leurs attentes aussi. Car j’ai pu lire dans certains commentaires des abonné(e)s des doutes et interrogations, des coups de gueule qui rejoignent les miens.

« Notre indépendance dérange. Soutenez-nous ! »

soutien-mediapart« Mediapart est un site d’informations et de débats. Cette édition, réalisée par l’équipe de Mediapart, vous permet de découvrir l’organisation du site, sa partie Journal et sa partie Club. Nous vous présentons, par des vidéos et des articles, le mode d’emploi de Mediapart. Comment découvrir le Journal et ses articles? Comment participer dans le Club des adhérents? Comment créer un blog, écrire, insérer photos ou vidéos, comment créer ou rejoindre une édition participative ? Modération, commentaires… Tout ce que vous voulez savoir sur Mediapart. »

 

Mediapart et moi : un abonnement militant

Norman Rockwell 2

Photography Norman Rockwell

Je n’ai pas hésité à m’abonner à Mediapart, il y a 5 ans, enthousiasmé par sa ligne éditoriale. Séduit également par   le design soigné du site, comme par la très bonne ergononie  de l’interface proposée aux lecteurs. La Une du journal et les autres articles, alimentés quotidiennement par les journalistes, avec une mise à jour trois fois par jour, tient le plus gros de la page web, accessibles aux abonnés. Ils sont mis en vis à vis avec la colonne du Club, tribune d’opinion alimentée par une sélection de la rédaction, parmi différentes sources, collectifs et auteurs, qui proposent des billets ou des tribunes. En effet, un blog personnel en accès libre hébergé par le journal est automatiquement proposé à chaque nouvel abonné, ce qui constitue la trame du Club participatif.

Au départ impressionné par la qualité et la hauteur d’esprit de la plupart des commentaires sur les fameux fils suivant les articles (le gratin de la presse, de nombreux chercheurs semblaient suivre au plus près cette nouvelle expérience) je me lançais d’abord timidement dans l’arène des forum.

Je pensais ainsi m’engager dans une forme de résistance, participer à la neutralisation de la droite la plus crasse que la France ait connue avec la mafia sarkozyste alors au pouvoir, contre la fatalité et le pourrissement de sa société dont le vote FN est désormais une expression récurrente.

Info ou intox : une logique commerciale

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Certes, des sites d’info et des blogs contestataires, des propositions politiques et sociales alternatives existaient déjà ou se créaient au même moment en France. Ainsi ces deux autres pure players (faux anglicisme signifiant mot pour mot « pur joueur », déformation de l’anglais américain « pure play » qui peut se traduire ici par « pur artifice » ou par « tout en ligne », ou encore entreprises œuvrant uniquement sur Internet) : Rue 89 en 2007, avant son grand retournement, Bastamag en 2008. Mais ces espaces n’ont pas pris un tel essort, aquis autant de visibilité et d’écho. Mediapart, avec la caution de ses fondateurs, tous issus du milieu du journalisme ou du monde syndical, ex-trotskystes pour beaucoup, tous ayant un CV conséquent, semblait vouloir donner, en plus d’une info de qualité, une tribune à des voix discordantes, d’autres points de vue – sans verser cependant dans les délires d’AgoraVox crée en 2005, qui illustre les loupés du journalisme citoyen.

Je m’abonnais donc, pour la somme de 9 euros mensuels, dans l’espoir d’être mieux informé, mais aussi dans un combat commun contre les forces de destruction qui rongent un peu partout la planète. Et je me réjouissais d’adhérer à un groupe conscient et cohérent, une cercle progressiste et éclairé, résolument tourné vers le futur et le mieux-être des peuples, le savoir-vivre ensemble. En tant que lecteur/abonné puis contributeur dilettante aux publications du Club, j’avais des choses à y apprendre, mais aussi des idées à proposer, à échanger dans ce cadre volontairement et démocratiquement participatif. Que ce soit avec les autres abonnés, mais aussi avec l’équipe des journalistes qui me paraissait être initialement dans de bonnes dispositions, plus proche de son lectorat. Cette perspective de nouvelles rencontres, de débats, parallèlement à la croyance d’être au plus près du secret des Dieux, à la source de révélations truculentes, me motivait énormément. Bref, j’entrais de plain-pied au pays des Médiapartiens !

Pour finalement me rendre compte que je n’étais qu’un numéro sur la liste des inscrits. Yannis est le pseudo que j’ai adopté sur cette plateforme et sur laquelle je suis toujours inscrit, malgré de nombreux coups de sang. En revanche, je n’ai pas été en manque d’affaires et de scandales politiques, économiques, financiers, écologiques parfois ; j’ai dévoré comme tant d’autres, puis digéré scoops et parti-pris, mais je suis resté sur ma faim, espérant une matière plus consistante.

Kiosque a journaux Paris 1930-1932 Brassaï)J’ai découvert exactement Mediapart aux débuts de l’affaire Woerth-Bettencourt, en pleine déliquescence sarkozyste. Abonné au nouvel enfant terrible de la presse française en juillet 2010 jusqu’à août 2013, je me suis désabonné un an, puis ré-abonné depuis juin 2014. Ce journal (rangé alors encore dans les « sites » subversif, inquiétants) avait l’air d’une météorite magnifique, traversant l’univers médiatique convenu pour atterrir… je ne sais pas encore trop où !!

Bref, une expérience tout à fait salutaire à soutenir qui allait enfin secouer le cocotier, avec une nouvelle manière de faire et de diffuser l’information, une rédaction collant au plus près des préoccupations de ses lecteurs, et se revendiquant ouvertement de la gauche progressiste. Un changement révolutionnaire en cette nouvelle ère du Web.2.

Le contexte des années 2000

Depuis, des élections présidentielles ont eu lieu en France en 2012, apportant l’espoir vite déçu d’un changement notoire dans l’exercice du pouvoir : le monarque et sa cours ont changé, mais pas les mauvaises habitudes du Palais de l’Élysée, de Matignon et des deux chambres parlementaires, ni celles de la Justice, avec un pouvoir exécutif confisquant un peu plus chaque jour toutes les prérogatives pour se diriger vers un forme d’État totalitaire. Autant de faits dénoncés par Mediapart pourtant…

Les affaires se sont succédées à grand train, nombreux furent les appels au sursaut de la citoyenneté, de la démocratie, débordant des formules lyriques pleneliennes . Mais on reste aujourd’hui dubitatif devant tant de remue-ménage pour si peu d’effets. Si, grâce aux enquêtes fouillées de Mediapart, puis avec le relais de la Justice, Nicolas Sarkozy, l’ex président populiste des Français(e) est actuellement cerné par les juges, rien ne dit qu’il ne s’en sortira pas, comme son mentor, Jacques Chirac, ou son parrain, Charles Pasqua, avec une peine symbolique vers les 80 ans, quand sa carrière sera derrière lui et le mal fait et refait. En tout cas il a dégagé du fauteuil présidentiel, ce qui fut certainement avec le recul, un des buts de la création de Mediapart.

Certes l’executif a desserré son emprise sur la Justice depuis l’arrivée du PS aux affaires, mais il reste encore du chemin à faire. La société civile française a pu finalement cocher une des rares promesses de campagne de F. Hollande respectée : le mariage homo.

Actuellement, le PS semble parti dans une fuite en avant, renonçant à toute éthique et valeur, pour finir au plus vite le sale boulot ; pour le compte de qui ?… Avant de s’effondrer définitivement ?? Sans renoncer en apparence à son crédo – Mediapart est à l’initiative de la création, à l’automne 2009, du syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (SPIIL), dont Edwy Plenel est le secrétaire général – ce journal semble lui aussi entraîné par sa course folle, grisé par sa gloire récente. Il sait bien tenir en haleine son lectorat, toujours en renouvellement et en expansion, quitte à rallonger une sauce parfois bien insipide, ou à saucissonner ses enquêtes en épisodes, difficiles à mettre chacun en perspective. Car le roman de Mediapart est intarissable !

Titanic news boy

Un ligne éditoriale marquée à gauche : à trabord toute !

Mediapart privilégie, en tant que journal d’opinion, des thèmes qui sont prioritairement la politique intérieure française, les affaires, les scandales, qu’ils proviennent de la droite ou de la gauche de l’échiquier politique. Beaucoup auront compris grâce – ou à cause – des investigations fouillées, parfois confuses, de Mediapart, que nous n’avons plus aucune illusion à nous faire sur les deux partis institutionnels qui se dénomment actuellement Les Républicains (ex UMP, ex-ex RPR)  et Le Parti Socialiste (futur Les Démocrates ?). Quant au Front National, à l’influence toujours plus grandissante, la rédaction n’aura pas manqué d’en faire un épouvantail, tandis que les propositions de gauche furent au pire méprisées, sinon ignorées. Combat de première importance et à juste titre pour la majorité de ses lecteurs, dont beaucoup clairement affichés à gauche de la Gauche, écologistes. Pourtant le Front de Gauche représenté par Jean-Luc Mélenchon n’a pas été particulièrement bien servi, c’est une évidence.

Sans être un militant dans l’âme, je suis, comme beaucoup, effrayé par l’extrême-droitisation de l’ensemble de la société française. Mais je ne suis pas certain que de diaboliser le moindre de ses arguments serve le débat national, ni ne fasse au FN une contre-publicité sérieuse et efficace, étant donné le dégoût qu’inspire la pratique du pouvoir par l’UMPS à nombre de nos concitoyen(ne)s. Cela demeure toujours un débat en cours : inviter le diable à sa table ou pas.

Mais concernant la politique maison, je notais un jour à la lecture cette remarque judicieuse : Mediapart lancerait une bombe mediatique presque quotidiennement, ce qui electriserait son lectorat, déclenchant soit l’adhésion immédiate autour de nobles causes, soit le pugilat des abonnés dans les commentaires avec des prises de becs personnelles et des querelles byzantines sans fin.

Un journal pour y croire ou pour faire croire ?

Le contexte, chacun le connaît et l’appréciera à sa façon. J’ai suivi en grande partie l’actualité hexagonale, de France ou de l’étranger, jours après jours, intrigué, fasciné, le nez collé sur mon écran d’ordinateur ou ma tablette, plongeant dans les pages virtuelles de Mediapart avec délectation face aux révélations fracassantes s’y succédant à une allure folle, vertigineuse même ! Pris dans le roman policier estival envoûtant de l’affaire Woerth-Bettencourt, digne des feuilletons sans fin et en dernière page de la presse du tournant XIXe – XXe siècle. Avec, pour commencer, en hors d’oeuvre de choix, cette histoire d’enregistrement du majordome rebelle et indélicat, voulant sauver la doyenne Bettencourt des griffes prédatrices de tristes sires intéressés, Tartuffes de la politique, dans une publication présentée sous la forme d’un feuilleton à multiples rebondissement… Bref, je commençais à devenir addict !

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Jean-Paul Belmondo dans « À bout de souffle », de Jean-Luc Godard

Tout me laissait croire que Mediapart, dans ses investigations opiniâtres, faisait un travail salutaire pour notre démocratie bien mal en point, prenant pleinement son rôle auto-proclamé à coeur, dans la tradition de la presse satyrique, mais en moins drôle. Petit à petit, ce nouveau titre s’emparait d’un rôle de premier plan sur la scène médiatico-politique, un rôle minoré au début par les caciques de la presse, puis écouté et respecté, voire amplifié, ou pour le moins craint. Mediapart devenait un lanceur d’alarmes, sur l’air du couplet « Ah ça ira, ça ira… ». Le jeune et tonitruant projet éditorial, s’engouffrant dans la niche commerciale, a même rapidement ravit la première place dans la dénonciation des dysfonctionnements de la 5e République au Canard enchaîné, qui n’a pas su prendre le courant ascensionnel du Web et qui aujourd’hui y laisse des plumes.

On sait aussi que la presse en France ne se porte pas bien en général. Sans les aides publiques, certains titres auraient déjà disparu, comme ce fut le cas pour Le Matin de Paris en 1987. Or Mediapart affiche une santé éclatante depuis 2010-2011, et avec Les Échos, organe de presse ultralibéral, c’est un des rares titre en progression quand au nombre de lecteurs et de ventes.

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Vendeur de journaux masqué, Paris1920, ©Photo Robert Doisneau

Mediapart en croisade : le scandale permanent !

Sarkozy promettait la révolution permanente pour donner un grand coup de Karcher à une société française, selon lui vieillotte, arc-boutée sur ses privilèges et ses acquis sociaux, en manque de repères, de réformes et de leader surtout. On a compris que tout cela n’était que du vent, des effets d’annonce pour au bout mener une politique des plus réactionnaires et opportuniste, ajustée sur des sondages parfois trafiqués, et payés par le contribuable.

Mediapart nous a offert en contre partie le scandale permanent. La critique de la société y prenait un autre ton, plus acerbe, plus crû, plus réel que dans les décennies antérieures, plus accusateur aussi. Son objectif principal est de présenter et de dénoncer, aux yeux des Français(e)s – au risque parfois de les dégoûter davantage de la chose publique – les travers de notre personnel politique, bleu puis rouge-rose selon le calendrier électoral. Mediapart s’attache particulièrement à faire ressortir les injustices du principe des castes, de la cooptation, de la connivence et de la compromission des pouvoirs politiques avec les décideurs économiques et financiers. Plus rarement de dénoncer celle des milieux journalistiques et des grands groupes de presse nationaux avec ces mêmes sphères. Certains privilèges scandaleux, comme les passe-droits, perdurent en France, encore au XXIème siècle. Ainsi l’omniprésence sur les ondes et les rotatives de grands bonnimenteurs tels que BHL ou A. Finkielkraut, comme de la cohorte des « experts-spécialistes en économie », les chiens de garde du néolibéralisme tels que A. Minc, oeuvrant tous peu ou prou pour la propagation de la même idéologie rance, est manifeste.

L’impossible couple Mediapart/Sarkozy

Le système néo mafieux de la Sarkozie et le nouveau projet éditorial de Mediapart se sont épanouis conjointement, le premier en avance sur le deuxième. Ce pas de deux se poursuit toujours, pour le meilleur et pour le pire, c’est selon. Une illustration de plus de l’éternel ménage infernal du médiatique et du politique, revu à l’aube du numérique. Les vieux réflexes de la profession perdurent : être connecté pratiquement 24h/24 sur les faits et gestes de nos élus, comme si les décisions les plus importantes, les plus intéressantes, continuaient d’être l’apanage du politique…

pujadasconfidencesMediapart semble même être né dans le but de mettre un terme de manière salutaire aux dérives totalitaires d’un pouvoir pourtant démocratiquement élu, et de palier les insuffisances, longueurs et compromissions de la Justice. Sarko-Mdp, une lutte personnelle ? Chaque camp continue de se regarder en chien de faïence, attendant la prochaine procédure judiciaire, la publication de vérités, suivies de contre-vérités, d’accusations et de démentis publics, d’échange de noms d’oiseaux…

Sarko n’a t-il pas traité publiquement Mediapart de torchon, qui colporterait des mensonges, ferait de la calomnie son fond de commerce ? Bref un pas de deux, dangereux car vital, chacun ayant évolué l’un en fonction de l’autre. N. Sarkozy n’espérait sûrement pas Mediapart, mais le projet de Mediapart, qui avait dès sa genèse de fortes exigences d’indépendance, ne pouvait que déplaire à un monarque qui s’est particulièrement activé pour le verrouillage de l’information et la soumission de la Justice. La rédaction de Mediapart a longtemps fait de ce monstre médiatique son sujet de prédilection, ce qui l’a amené à faire des révélations fracassantes pour la politique française, et l’a conduit vers les hauteurs du succès médiatique.

Aujourd’hui, Mediapart semble tenir le haut du pavé. Quoiqu’avec tant d’affaires et de poussière soulevée, Sarko aura à peine éternué du haut de ses talonnettes, avant de reprendre les affaires sur le théâtre de l’économie et de la finance mondialisées. Un rôle de VRP de luxe qui lui sied mieux que celui d’apprenti dictateur, et grâce auquel ses fans, ses followers et admirateurs semblent l’ovationner à chaque apparition publique ! Mais qui nous dit que le rôle de victime que ce dernier endosse également allègrement sur les plateaux télé, interviewé par des journalistes compatissants et serviles, ne sera pas payant auprès de tant de Français désorientés, et qui ne s’abonneront jamais à Mediapart pour tout un tas de raison ?

De la même manière E. Woerth est en cours de blanchiment concernant la vente frauduleuse de l’hippodrome de Compiègne.

Et qui entend encore parler de Jérôme Cahuzac ?…

Incohérences et premiers doutes

Je me souviens d’un appel à signer une pétition pour l’indépendance de la justice, lancé solennellement par E. Plenel dans les colonnes de son journal : en rejoignant la liste des signatures illustres, dont celle de Stéphane Hessel, on allait voir ce qu’on allait voir !! Et puis pfuit, plus rien ! Pas même un suivi de cette pétition, qui a dû faire flop, ou alors j’ai raté un épisode… À moins qu’elle n’ait positivement inspiré le PS dans son action, apparemment réussie, de redonner un peu de lustre et d’envergure d’action à la Justice.

Réinscrit à l’occasion d’une promo, les doutes qui m’avaient fait interrompre mon abonnement sont revenus de plus belle.

La posture participative

Cela fait un moment que j’envoie un certain nombre de messages à la rédaction, dans mes commentaires, sur les fils de discussion qui m’interpellent. J’ai également envoyé à quelques reprises des messages privés directement à Edwy Plenel, et à quelques journalistes comme Jade Lindgaard qui est spécialiste de l’écologie. Tout cela est resté sans réponse. Rares sont les journalistes qui s’aventurent dans le fil des commentaires, à la suite de leurs articles. Laurent Mauduit le fit un temps, mais surtout le roi (ou le bouffon) du genre, l’omniprésent Antoine Perrault, ex journaliste à Télérama, sur ses fils de commentaires,  qui se consacre en général à la critique artistique, et qui sait porter élégamment l’estocade d’un coup de plume enlevé et parfois acerbe. Il sait aussi transformer ses forum en véritables cordes à pendre ses détracteurs !

A. Perraud a su ainsi se mettre à dos un nombre impressionnant d’abonnés, suite à un article à charge contre Mélenchon, resté célèbre sous le titre de « saute cadavre », écrit avec son collègue Fabrice Arfi et déformant sciemment les propos du leader du FdG afin de mieux le décrédibiliser.

On ne peut pas dire que la composante écolo de la société française soit particulièrement bien représentée dans le journal, car l’écologie est à Mediapart ce qu’EELV/Les Verts est au PS. Je conseille plutôt la lecture de Reporterre, quotidien en ligne et gratuit, bien plus progressiste et ouvert aux expériences de terrain, à la société civile, plus provincial aussi peut-être, que celui proposé par nos chevaliers blancs de l’info.

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Les bouquinistes, quais de la Seine, Paris

Mediapartisme et parisianisme

Le petit monde des médias, ceux qui comptent, font et défont les opinions publiques, tiens en fait dans un mouchoir de poche. La presse régionale étant devenue le terrain de jeu des grands patrons, vendeurs d’armes, les initiatives intéressantes sur ce créneau grand public, se trouvent presque exclusivement concentré à Paris-capitale.

De même pour le personnel politique, qui perpétue la tradition jacobine hyper centralisée de notre pays. On connaît l’attirance parfois vénale des uns pour les autres, les couples célèbres unissant star politique et médiatique et du Showbiz y sont fréquents : la Reine Christine (Ockrent) et le French Doctor Bernard Kouchner, Nicolas Sarkozy et la chanteuse et riche héritière Carla Bruni, François Hollande et la journaliste Valérie Trierweiler puis la comédienne Julie Gayet, pour les plus célèbres. Les journalistes de Mediapart semblent se prémunir de cette tendance, mais après tout chacun mène sa vie privée comme il le souhaite. Le marketing et la propagande entrent beaucoup en ligne de compte pour les couples que j’ai cité, qui savent merveilleusement jouer des ressorts de leur célébrité.

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Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, dans « À bout de souffle » de Jean-Luc Godard

La rançon du succès ?

Une approche trop parisienne et condescendante, des prises de position parfois risquées, des explications et des procédures sans fin, une omniprésence dans la rumeur et les affaires croustillantes, la volonté de faire cavalier seul et de ne pas avoir tant d’alliés auprès des autres groupes de presse, déjà peu solidaires entre eux… Voici un florilège de quelques travers de la rédaction de Mediapart.

Ce journal en ligne n’a pas tellement d’audience à l’international en tant que référence pour la presse française, plutôt en tant que lanceur d’alertes, voire comme brûlot.

Un positionnement ambigu

Mediapart aurait un péché originel : lors de son lancement, un fond d’investissement pas vraiment humaniste et philantropique est entré dans son capital. Un courant de sensibilités vraisemblablement plus proches de la logique de WallStreet que de celle de l’Internationale, ce qui expliquerait peut-être l’orientation atlantiste et très alignée de beaucoup d’articles sur l’actualité mondiale.

L’Express a publié un historique soigné et sans concession de l’aventure Mediapart :

Mediapart : d’ombre et de lumière

« Le site ouvre en mars 2008, mais les 10 000 abonnés attendus au démarrage ne sont pas au rendez-vous. Le pire se dessine. Le salut vient d’un fonds d’investissement, Odyssée Venture, destiné aux personnes redevables de l’impôt sur la fortune. Après un refus initial, ses responsables injectent en toute discrétion 1 million d’euros en échange de plus de 22 % du capital. L’opération va se révéler juteuse. « Certains investisseurs regrettent de nous avoir dit non à l’époque », glisse la journaliste Martine Orange, à l’origine de cette opération. »

Par Emmanuel Paquette, publié le 23/10/2013 dans L’Express

TVA à 2,1% ou à 19,6% ?…

Un élément me chiffonne particulièrement : « Mediapart applique, comme la presse papier, un taux de TVA de 2,1% sur les ventes, et non de 19,6% auquel il est pour l’heure assujetti par la loi française. » selon Télérama dans cet article :

Mediapart rattrapé par un contrôle fiscal, Edwy Plenel dénonce une injustice

En effet, le journal en ligne a décidé d’autorité de ne pas payer la taxe auquelle il est légalement assujetti, ce qui lui a permis de trouver l’équilibre financier plus rapidement. Ce coup de force n’est pas du goût de toute la profession, la plupart des sites d’information payant la TVA, injustement peut-être, à hauteur de 19.6%. On peut contester ce choix politique, exprimer sa résistance aux archaïsmes, comme le fait souvent E. Plenel sur les plateaux TV. N’empêche, se mettre hors-la-loi en espérant la changer, voilà qui déroge un peu aux principes que la rédaction de Mediapart exige pour tant d’autres.

Un nouvel élément sur le sujet sur JDN (le journal du Net) :

Edwy Plenel : « Nous avons racheté 20% du capital de Mediapart »

Le fondateur de Mediapart est venu s’exprimer sur le récent changement capitalistique de sa société et le litige qui l’oppose au Fisc français.

… et un commentaire pas piqué des vers :

Vous êtes champion de France des donneurs de leçon. Si vous voulez être crédible, commencez par respecter la loi, même si vous la trouvez injuste. Nous avons tous des arguments à avancer pour trouver nos impôts trop lourds. Sur le fond, vous avez peut-être raison, dans la forme, vous ne valez pas mieux que ceux que vous traquez et dénoncez. Catherine Chouchan

La TVA générale est un impôt injuste pour les moins fortunés, car ils dépensent presque tous leurs revenus en consommation courante, tandis que les plus riches peuvent placer leurs surplus d’argent dans des opérations financières moins taxées. Si chaque consommateur décidait de n’en faire qu’à sa tête, de ne pas s’acquitter à la caisse de cette taxe, ou calculait lui-même ses impôts, que se passerait-il ?? Un paradoxe que je ne saisis pas car, si du haut de sa superbe, fort de sa notoriété publique et de ses soutiens, Mediapart prétend imposer un modèle, qu’en est-il du simple citoyen, représenté par des élus qui votent des lois allant surtout dans l’intérêt de quelques privilégiés – dont ils font généralement partie – laissant à la majorité silencieuse le soin de faire le plus gros de l’effort pour ‘alléger’ la dette publique de la France ? Bref, faites comme je dis mais pas comme je fais…

La réponse du Directeur de Mediapart, dans L’Express :

Edwy Plenel – 31/10/2013 12:28:55

edwy-plenel

« @Ferula : La TVA réduite pour la presse est un vieil acquis des grandes démocraties. Elle est même de 0% dans la plus ancienne démocratie parlementaire, la Grande-Bretagne. Quelle en est la signification? D’abord que la presse d’information politique et générale n’est pas une marchandise comme les autres: elle est au coeur de la vitalité de la démocratie, de son pluralisme, de son espace public, de l’exercice du droit de savoir des citoyens, bref de deux droits fondamentaux, la liberté d’expression et la liberté de l’information. Ensuite que l’aide la plus vertueuse à la presse, entendue ainsi comme un bien démocratique, est une aide indirecte, c’est-à-dire une aide au public, à la lecture, à la circulation des informations et des idées. En revanche, les aides directes, où l’argent de l’Etat va directement aux entreprises de presse (et majoritairement, ce qui ne laisse pas d’étonner, aux plus puissantes d’entre elles), ne sont pas vertueuses: elles créent des dépendances, des clientélismes, des conflits d’intérêts, etc. C’est pourquoi Mediapart refuse toute aide financière de l’Etat, ne vivant que des abonnements de ses lecteurs. »

 

Mediapart Superstar

mediapart-logo bleuLa grande autocélébration des 100 000 abonnés m’a particulièrement agacé, même si je me réjouis que les affaires tournent et que Mediapart trouve une plus large audience. Mais quand même, j’y trouve de moins en moins de plaisir et d’intérêt à venir y lire les dernières saloperies et mensonges de notre personnel politique. Tellement en perdition que ce qui ressort de la couverture politique du journal, c’est la décomposition du paysage politique au milieu d’un vide sidéral, parsemé de faux débats et du manque d’idées novatrices. Et, sortant de nos frontières qui semblent bien rétrécies depuis l’ère du numérique, on se rend vite compte que des trahisons des politiques vis à vis du peuple, des citoyens, il y en a à la pelle ! Alors pourquoi axer principalement sa ligne éditoriale là-dessus ? Parce que tout simplement ça fait vendre.

Enfants vendant des journaux à New-York 1910

Enfants vendant des journaux à New-York en 1910

Les scandales qui font tomber les grands de ce monde ont toujours fait rêver le quidam, en mal de sensations, en attente du « Grand Soir ». Ainsi la figure de Gatsby le magnifique de Francis Scott Fitzgerald, qui, tombant de son piedestal, provoque l’empathie des lecteurs.

Tout comme la fameuse ménagère de 50 ans fantasme (paraît-il) sur Sarkozy, le Mediapartien jubile quand il sent que la révolte gronde. Au plus près des révélations, il a lui-même le sentiment d’être dans la confidence, de pouvoir diffuser le dernier scoop dans son entourage, bref d’être pleinement acteur de l’actualité. Ce qui fait partie du principe de la communication, du divertissement et de l’info-spectacle, qui a envahi notre société à tous les niveaux désormais.

De la posture à l’imposture, il n’y a qu’un pas

Plus d’un titre s’est pris les pieds dans les travers de la presse de caniveau et des tabloïds. La presse anglaise dans son ensemble qui a initié ce virage commercial, malgré quelques titres encore respectables comme The Guardian, n’est plus aujourd’hui un modèle très vertueux…

Mediapas vu pas pris

J’avais, au tout début de mon abonnement, envoyé une proposition à E. Plenel : fraîchement passionné par le Street Art et ayant du temps libre, je lui avais proposé de tenir une petite rubrique sur ce sujet, bénévolement, dans le Club de Mediapart. Je me disais qu’il serait bienvenu de rééquilibrer la démonstration et la traque des bassesses du monde politique avec un volet artistique. Prouver que non, le monde n’est pas si pourri – du moins pas dans tous les domaines !!

L’a-t-il seulement lue ? C’est en tout cas resté lettre morte, mais j’ai ensuite ouvert un blog sous mon pseudo, Yannis, dans le journal, afin d’y republier la plupart de mes articles et découvertes sur lapartmanquante, que certains lecteurs ont parfois la curiosité de consulter. Depuis tout ce temps, jamais une seule sélection en Une du Club, même si l’article Soirée du Front de Gauche pour la Culture, l’Art et l’information a fait exploser les statistiques de fréquentation du blog, via mon lien dans Mediapart, et qui fut republié dans le blog de J-L. Mélenchon.

J’ai écrit deux commentaires acides à la suite de deux courts textes de promo  : Mediapart, c’est aussi… l’International, Mediapart, c’est aussi… l’actualité culturelle. Je n’ai pas pu m’empêcher d’y donner mon point de vue sous la forme d’une critique sévère, sans que cela ne suscite une quelconque réaction de la journaliste en charge de cette magnifique opération de com.

4 jeunes vendeurs journaux - Lewis Hine

Quatre jeunes vendeurs de journaux, New York – Lewis Hine

Médias en manque de perspectives ?

Je me suis souvent fait cette réflexion : pourquoi ne dispose-t-on pas, à l’échelle de l’Europe, d’un organe de presse transversal et comparatif, avec une vraie revue de presse européenne qui permette de découvrir déjà comment les citoyenn(e)s de l’UE vivent, pensent, quels sont leurs préoccupations, comment ils et elles reçoivent l’information ou la créent et la diffusent ? Un peu comme le journal franco-allemand d’Arte, ou le Courrier International, mais qui ne serait pas juste une sélection et compilation d’articles tirés des titres européens, mais constitué d’articles écrits spécialement pour cette édition avec une réelle ligne éditoriale, une pensée critique et non pas une bouillie sans forme et sans saveur.

Évidemment, le choix de la langue fait obstacle. Mais pourquoi pas imaginer une édition anglaise, française, espagnole, allemande et italienne pour commencer ? Cela permettrait de toucher déjà pas mal d’Européen(ne)s, désireux de se connaître mieux, de s’entendre, et de donner des visages à cette UE qui paraît tellement impersonnelle. Voir comment la même information peut être abordée et traitée selon les pays, celles qui intéressent prioritairement, avoir des analyses sortant un peu du pré-carré parisien !

MondeDiplo

Je reviens vers le mensuel qui m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses, Le Monde diplomatique, dont la version en ligne et le système d’abonnement en font un concurrent direct à Mediapart, mais surtout qui me permet de lire l’actualité avec plus de recul, dans des analyses très pertinentes et sereines. Les thèses qu’il défend sont les mêmes qu’il y a 30 ans, quand son directeur de publication était Claude Julien, dont j’ai pu apprécier la qualité de l’argumentation lors d’une conférence à l’école Estienne (Sens et désinformation – la parole désorientée). Si le Monde diplo a toujours été constant dans sa ligne, et bien critiqué pour cela, je ne suis pas sûr qu’E. Plenel, alors directeur de la rédaction du quotidien Le Monde de 1996 jusqu’à 2005 ait eu à ce moment-là une oreille très attentive aux thèses défendues par ce mensuel de référence, notamment dans sa charge contre le mortifère FMI.

Le Monde Diplo a su rester constant, contre toutes critiques, dans la défense des valeurs humanistes et du droit d’expression des peuples. Une approche des problématiques largement reprise aujourd’hui par notre fringuant quotidien en ligne, mais avec un peu moins de subtilité.

canard enchaine

Comme l’affirme toujours vaillamment le vilain volatile : « La liberté de la presse ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ». Et le Canard enchaîné garde cette propension à l’humour, parfois féroce, mais toujours jubilatoire, comme à l’auto-dérision, qui fait cruellement défaut à son petit frère du Web. Par contre, il reste réfractaire à toute excursion sur le Web, ce qui est regrettable puisqu’il perd des lecteurs. Autre temps, autre moeurs…

On ne peut cependant pas reprocher à Mediapart la dérive, le désabusement, la paresse et l’amertume de notre société actuelle. Ce journal est devenu le centre de beaucoup de regards et de rivalités. Quelle est la rançon du succès ? Eh bien, cette volonté de faire cavalier, de se présenter comme le chevalier blanc de la presse française, déjà peu solidaire entre elle (juste pour le show hein, car c’est une grande famille dans un mouchoir de poche) était déjà un peu surjouée et ridiculement prétentieuse, malgré le soutien d’autres médias alliés de référence, tel La Quadrature du net, né également en 2008, ou encore Arrêt sur Images, qui lui a 30 ans, et dont on a vu les représentants lors de la belle soirée hommage-débat dans les locaux de Médiapart, suite aux assassinats à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.

Brassaï ~ Une colonne Morris dans le brouillard, Avenue de l'Observatoire, Paris, 1934

Brassaï ~ Une colonne Morris dans le brouillard, Avenue de l’Observatoire, Paris, 1934

À part ça ?

J’en profite pour remercier toute l’équipe de la rédaction de Mediapart, pour m’avoir m’aidé à comprendre un peu mieux la marche du monde, mais un monde franco-français principalement. Grâce à mon abonnement, j’ai pu affiner ma réflexion et aiguiser mes commentaires, prendre conscience de l’importance – et de la vanité – de la parole publique mais aussi de la prise de position civique. Peu d’actions concrètes découlent pourtant de ces discours.

Ce sont aussi les commentaires d’autres lecteurs, à la suite des articles, ou de certains blogs du journal en accès libre, qui m’ont amené à des conclusions surprenantes et fort intéressantes.

Aujourd’hui, je ne retrouve plus beaucoup la même qualité des interventions des premières années, surtout dans les Unes du journal, avec des fils qui ressemblent un peu trop à un déversoir, et aux forums qui puent les poussées d’égos et pleurent les colères atomisées. Rares maintenant sont ceux qui laissent un post constructif, sans vulgarité ni provocation, permettant de rebondir.

Invocations : les mirages du Front de Gauche et de la 6ème République

La perpétuelle invocation au miracle du Front de Gauche dans les commentaires m’a poussé, par exemple, à suivre le blog de J.L. Mélenchon, allant même jusqu’à voter pour lui au premier tour des présidentielles. Mais sa stratégie de confrontation directe avec Marine Le Pen m’a laissé perplexe. L’expérience aura montré qu’elle l’a desservie, et il semble maintenant bien dépassé. Tout ça pour dire à quel point la lecture de Mediapart a pu influencer mes gestes de citoyen. Également pour le soutien en 2012 (oui, la propagande du PS sur ce journal a bien fonctionné je confirme) à un parti moribond depuis 20 ans, terminant sa dérive droitière avec Hollande. On ne m’y reprendra pas.

Virtuelles communautés

KiosqueJ’ai lu sur je ne sais plus quel autre journal en ligne, cet avis disant que Mediapart fonctionnait un peu trop dans sa pratique comme une secte, finissant par instrumentaliser, voire à « hystériser » ses lecteurs. Je crois malheureusement qu’on en est pas très loin… Il y a 5 ans, je ne pensais pas arriver à cette triste constatation.

Je ne crache pas ici dans la soupe – d’autres l’appelleront la bouillie – que j’ai certes bue jusqu’à la lie, mais en toute liberté, et pour laquelle j’ai versé mon modeste écot avec mon abonnement entre autres. J’ai aussi fait pas mal de pub pour Mediapart dans mon entourage, au point de soûler certains amis. Je m’en abstiens dorénavant. Car j’en suis arrivé à la conclusion que ce journal est devenu aussi un principal représentant des Nouveaux Chiens de garde, d’après l’excellent film documentaire réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, sorti en France le 11 janvier 2012.

À part quelques discussions intéressantes avec des Mediapartien(ne)s, dont certains si prompts à s’enflammer virtuellement, je ne me sens absolument pas faire partie d’une communauté intellectuelle, tant les avis peuvent y être opposés, excessifs parfois, certaines interventions incohérentes venant au milieu d’attaques ad nominem et d’insultes que la médiation oublie trop souvent (certains lecteurs sont pour aucune modération, pas moi pour conserver une certaine tenue au débat).

Le fonctionnement du Club reste pour moi confus. Il est vrai que je n’ai jamais proposé selon le protocole un article à publier en une dans la colonne du Club. Pourtant, la sélection des billets de blog par la rédaction n’est pas vraiment transparente, aucunement motivée et donc tout à fait arbitraire, contribuant à orienter voire à vaire de l’intox sur certains sujets. Cette colonne sert parfois de tribune de défense à des élus du PS, en général sans idées géniales ni grandes convictions. Ou encore de tribune de propagande (en fallait-il encore ?) sur la brûlante actualité au Moyen-Orient. Le traitement de la guerre en Syrie est déjà partisan, scandaleux de la part de la rédaction, pas la peine d’en rajouter une couche avec de prétendus spécialistes observateurs internationaux, ce sujet étant un modéle du genre de désinformation dans toute la presse alignée occidentale qui soutient les actions de l’OTAN par toutes sortes de mensonges, officiels ou créés pour l’occasion par des journalistes.

Pour clôre le chapitre, la proximité d’Edwy Plenel avec Tariq Ramadan des Frères musulmans, sa sympathie pour le Qatar tout à fait publique, est souvent dénoncée dans les commentaires. Je renvoie à cet article sur l’Herbe entre les pavés, pas vraiment loueur sur le personnage : Et c’est ainsi qu’Edwy Plenel est grand !

Il demeure vrai que les commentaires et la publication y restent ouvertes, presque (la nuance est importante) sans censure. On peut y pousser son petit ou son long coup de gueule. Vous voyez, je ne m’en prive pas !

Colères, célébrité et pouvoir : 100 000 abonnés !

PetitJournal1899La colère, qui semble être le geste fondateur de Mediapart, et qui est un sentiment partagé par de nombreuses personnes de son lectorat, ne peut être à long terme le prétexte et l’architecture d’une information de qualité. La frustration fait couler beaucoup d’encre, et surtout elle fait vendre. C’est même un rouage essenciel de la société consumériste et capitaliste. Voilà pourquoi je crois que le projet de Mediapart, malgré une belle promesse à l’origine, des investigations salvatrices, et surtout un format qui colle à son époque, reste un modèle de journalisme de la vieille école, avec une structure pyramidale. Je m’explique : en interne je n’en sais rien, mais la diffusion de l’information se fait par une minorité de journalistes qui savent pour le bénéfice d’une majorité qui ignore. Or on voit bien dans les chahuts des commentaires, les indignations de certains billets que ce mode de pensée autoritaire a bien du mal à se frotter au (vrai) participatif et à une forme de démocratie dans la manière de fabriquer de l’info.

Dans sa course à toujours plus de chiffre et d’audience, l’équipe rédactionnelle, devrait se poser ailleurs que devant les caméras des heures entières de débats, qui nous présentent en même temps l’univers feutré et confortable des locaux du journal à l’occasion de débats longs et assez consensuels, pour se remettre en question.

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Les bureaux de Mediapart – Copyright Photo Mediapart

C’est le moment : 7 ans d’existence, l’âge de raison. Ce n’est pas beaucoup pour un journal, mais c’est déjà une belle expérience qui peut ammener à certaines évidences, et permettre de redéfinir les axes, la ligne éditoriale, relire ses premières résolutions. Dépasser les 100 000 abonnés pour faire la nique à Libération, avec des promos temporaires à un Euro l’abonnement de 6 mois – une opération commerciale que j’ai vu passer récemment et dont j’ai profité pour me réabonner – c’est brader le travail de ses propres journalistes. Viser la quantité au détriment de la qualité n’a jamais été une marque de sérieux et une solution d’avenir dans la presse écrite, même en ligne.

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Kiosque Porte de Charonne, Paris – ©Photo Gérard Lavalette

Les scandales fascinent, et il est facile de se laisser prendre, captiver par les infos de Mediapart, qui pour une part relèvent avant tout que la Justice. Demander que le principe de la séparation des pouvoirs soit respecté, vaut pour tous les acteurs il me semble : exécutif, législatif, judiciaire mais aussi médiatique, ce fameux quatrième pouvoir

Se concentrer sur les détails d’une procédure, pour justifier le position du journal, et avoir un soucis d’explication vis à vis de ses lecteurs, c’est louable. Cependant, d’autres infos plus importantes, permettant de prendre du recul, et par exemple d’avoir un point de vue plus panoramique de l’Europe et du Monde, passent ainsi inaperçues. Quand on sait que la majorité de la politique économique et sociale de la France se fait au sein des instances politiques de l’UE et non plus à Paris, la présence des médias français, et surtout leur effort de vulgarisation des informations venant des centres de pouvoir européen, ne sont pas assez importants. C’est vrai que l’Élysée et le 7ème arrondissement de Paris, c’est plus près et plus glamour que les quartiers modernes et froids de l’Euro City, à Strasbourg, Bruxelles ou Luxembourg. Mais il faut aussi aller enquêter à Frankfurt, Londres, Milan, Madrid,  Genève, Vienne, etc…

Je soupçonne même Mediapart de créer des écrans de fumée, en mettant l’accent sur des infos secondaires, sans véritable intérêt, de remplir ses pages virtuelles de mult détails sur les vices des personnalités politiques, et ainsi d’occulter ou d’ignorer d’autres infos beaucoup plus sensibles et pertinentes. Et de servir de catalyseur pour tant d’indignations individuelles, légitimes, qui y trouvent un soulagement dans la logorrhée mais ne vont pas plus loin dans l’action. Une sorte de dérivatif, de diversion…

Qui sait, Wikileaks détient peut-être des données intéressantes en ce sens ? Si Julian Assange ou Edward Snowden voulait bien répondre à mes questions ça serait sympa, parce que venant de la part d’Edwy Plenel ou de François Bonnet, autre fondateur (pas franchement populaire sur les fils) j’ai quelques réserves !

Mediacraties, idéologies et censure

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L’exercice du pouvoir, on l’a vérifié tant de fois, qu’il soit médiatique, politique ou économique conduit souvent à des excès soit ridicules, soit dangereux. Je pense que Mediapart, pour devenir le grand journal pluraliste qu’il mérite d’être, devrait se défaire de ses mauvaises habitudes, comme l’endoctrinement, la défense de politiques périmées ou la facilité de l’indignation bon ton. Ce projet éditorial et participatif devrait donner davantage la parole à des personnalités passionnantes et éclairées – la France et le monde n’en manquent pas – afin d’adopter un regard plus subtil, plus neutre sur l’actualité française comme internationale. Et également être davantage à l’écoute de son lectorat. Bref, Mediapart devrait s’ouvrir à d’autres réalités et cesser de s’auto-censurer ou de censurer les voix divergentes, comme celles des internautes, souvent avisés mais qui s’éloigneraient trop de l’hypocrite ligne de bonne conduite.

Car qui contrôle l’information, avec le choix des sujets qui vont être diffusés prioritairement, qui a un accès privilégié aux informations réellement sensibles détient une grande partie du pouvoir sur les peuples. La concentration en France des grands titres de presse et des moyens de communication entre les mains de quelques milliardaires en 2015, en est une parfaite illustration.

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kiosque2Au sujet de la censure, ou plus consensuel, de la médiation sur Mediapart, je mets ce lien sur Le Cercle des Volontaires.

Et sur ce billet, Ces mots qui se jouent de nous, publié sur lapartmanquante, motivé entre autres par une anecdote personnelle : une dépublication d’un de mes commentaires sur un fil d’article d’Hubert Huertas par le journaliste lui-même, motivé par une impression de propos antisémites. La confusion anti-sionniste et antisémite est si facile, si pratique pour beaucoup, mais ça y est, le mot pétrifiant tout débat est prononcé !

« Il n’y a jamais de liberté sans responsabilité et les limites de la liberté, c’est justement la responsabilité »

Hubert Beuve-Mery

Pour l’heure, les conditions de déontologie, par exemple définies par Hubert Beuve-Mery, fondateur du journal Le Monde et du Monde Diplomatique, ne sont pas remplies. Au contraire, elles se détériorent. La rédaction, ne serait-ce que par son mutisme face à de nombreuses interrogations et questions directes posées par ses lecteurs, semble n’avoir aucun égard pour la responsabilité, davantage pour l’influence et le formatage.

Je tire donc occasionnellement ma révérence à Mediapart, mais l’effet « grande famille » de gauche, les contacts, de bons articles, des participations et les infos glanées par ci par là sur les forum ont calmé mon incompréhension puis ma colère, en admettant que ce pure player est à la fois un nouvel instrument de manipulation des masses, mais aussi une belle plateforme d’info et de débat. Une bonne entrée en matière dans la société consumériste qui est représentée par la chaîne de production-diffusion-vente-consommation d’une info de plus en plus dématérialisée, divertissante, voire vidée de contenu, afin d’animer la société du tout-spectacle. Mais aussi une expérience passionnante d’un point de vue du Web.2 pour les internautes.

Pour autant, l’arrière-goût est un peu amer, et fait remonter au premier plan les analyses d’un penseur comme Guy Debord.

Une trahison tranquille et en beauté

Voilà, c’est donc une longue analyse sous trois angles : Médiapart comme on nous l’a vendu, Mediapart tel qu’il a évolué, et un média indépendant, honnête et neutre (ou Médiapart comme je l’ai rêvé). Ce qui me pousse à croire que ce journal ballade ses lecteurs depuis un moment, pour beaucoup abusés, perdus dans leurs projections et la fausse assurance d’un journal à part, un journal d’excellence. Un peu otages sont ceux qui ont amplement participés à la richesse du journal, à l’élaboration de la Charte (la nouvelle est une autre imposture) et en ont fait « leur chose », un joujou savant mais vicié. Et beaucoup viennent encore sur les forums, continuent de s’abonner, probablement attirés par le parfum de scandale, motivés par l’excellente interface.

Mediapart peut remercier ses webmasters – qui ont pourtant bien eu du mal à retirer une option « décommandé » ayant fait l’objet de long débats en interne et en a fait hurler plus d’un(e) : ceux-ci ont une grande part dans le succès et la célébrité du journal en ligne. Le logo reste très bien vu, il illustre désormais parfaitement tous les cris et invectives, les indignations que le journal a pu déclencher. Mais aussi tous ces internautes qui ont absolument quelque chose d’essentiel à dire, le crient sur les toits en voulant leur minute de célébrité (et je me range dans ces deux catégories 😉

Mediaparti, médiapartout

Le navire amiral Mediapart dérive souvent, s’égare parfois en eaux troubles, sous les yeux de certains abonnés de longue date ou des nouveaux « usagers » du journal. Certains seront juste de passage, d’autres juste spectateurs tandis que des contributeurs outrés, indignés, pétrifiés, se jettent de teñps en temps à l’eau dans un moment de colère. Quelques uns exultent de l’aspect foire d’empoigne qui anime de plus en plus les forum, d’autres sortent les canots de sauvetage, d’autres encore ont depuis un moment pris des billets pour de nouvelles explorations virtuelles.

Car Internet, malgré les attaques répétées contre la liberté d’expression avec la dernière Loi Renseignement qui passe allègrement toutes les consignes de sécurité démocratique avec le feu vert des pouvoirs publics (lire la réaction de Laurent Chemla, la fracture temporelle, et sur ce point au moins Edwy Plenel, infatiguable, ne déçoit pas), reste un terrain de lutte de toutes les libertés. En ce début de XXIe siècle houleux, les navigations parallèles, les plongées transversales, l’aventure virtuelle y sont vivement conseillées, afin d’avoir plus de visibilité sur le monde réel comme numérique, dans une utilisation vraiment adaptée au monde actuel des médias.

Profitons-en pour mieux nous informer, défendons nos libertés fondamentales bec et ongle !!

Hasta luego y suerte sur la Toile

Florent Hugoniot

Article mis à jour le 11 octobre 2015
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23 commentaires pour Espoirs, grandeurs et déceptions au pays des Médiapartiens

  1. AH dit :

    « Je me suis souvent fait cette réflexion : pourquoi ne dispose-t-on pas, à l’échelle de l’Europe, d’un organe de presse transversal et comparatif, avec une vraie revue de presse européenne qui permette de découvrir déjà comment les citoyenn(e)s de l’UE vivent, pensent, quels sont leurs préocupations, comment ils et elles reçoivent l’information ou la créent et la diffusent ? »…….J’aime!! D’ou la question y a t il une réelle volonté Europeenne? On peut se poser légitimement cette question quand on sait la maitrise que les dirigeants européens ont de l’utilisation de la presse a des fins politique. Créer un journal européen n’aurai-t-il pas du être une des premieres priorités de l’Europe naissante?
    Pour ma part, je ne suis abonnee a aucun journal, et je glane l’information ou je peux, comme je peux. Je ne connais pas mediapart, alors je ne peux pas juger, mais je trouve ton initiative de dire ta frustration saine. Qui sait peut être quelqu’un dans les hautes spheres de mediapart t’entendra-t-il…. 🙂

    • Ce beau texte d’ignacio Ramonte, « S’informer fatigue » de 1993 n’a pas pris une ride : http://www.monde-diplomatique.fr/1993/10/RAMONET/45706

      J’en profite pour mettre ici ce commentaire de Manolo : « Ton article sur mediapart est très bien. Peut-être reproches tu qu’il soit trop republicain comme Marianne que tu ne cites pas mais que j’ai abandonné pour les mêmes raisons . Perso je suis à fond sur le monde diplomatique qui n’est pas européen non plus. Tu énonces une lacune dans la presse tu devrais occuper ce créneau européen justement !!! « 

  2. wtf dit :

    Je partage un certain nombre de tes désillusions sur Médiapart. Et je fais un peu le yoyo côté abonnement. Puis je reviens à la gamelle. Faute d’autre choix ? En partie. Je vois plus le diplo, canard et mediapart comme « complémentaires ». Tout en étant insuffisants.
    Et d’une manière générale, les médias français sont très centrés sur la France. Faute de maîtrise suffisante des langues étrangères ? Peut être aussi des cultures étrangères ?

    J’ai trouvé choquante l’attitude de médiapart sur la question de la TVA, d’autant qu’il ne me semble pas que médiapart ce soit jamais engagé de manière si violente dans un autre combat. Une histoire de gros sous. En fait ils sont pareils que les autres (ceux dénoncés en « une » 2.0) ?
    J’ose croire que non, ou pas complètement. En même temps… Plenel, Mauduit sont dans le système qu’ils dénoncent gentiment. Nous somment de voter Hollande parce que sinon c’est le retour de l’horrible ? Et découvrent stupéfaits (What The Fuck ?!?) le visage de Hollande par la suite ? Pourtant la messe était dite dès avant les primaires socialistes : le débat Piketty Hollande sur médiapart était très clair sur ce que ne ferait pas Hollande sur le plan de la justice fiscale (et donc redistribution, et donc alternative politique). Qu’un lecteur lambda s’en aperçoive, mais pas les journalistes qui côtoient et tutoient ces hommes depuis (presque) toujours…
    Tous pourris ? Le vert est dans le fruit, et il a bon appétit. Mon marqueur personnel se situe sur l’existence (oupa) d’un bouc émissaire ethnique/racial/religieux. La politique menée à l’encontre des roms, et la parole publique sur cette population me heurtent au plus haut point.
    Diaboliser le FN est une erreur crasse du « verrou électoral francilien »-Paris couronne-. Pour fréquenter quelques secteurs abandonnés où le FN prospère, il ne s’agit pas toujours d’un vote d’adhésion aux idées xénophobes, mais plus d’un rejet du système par des gens qui se rattachent à l’illusion qu’un bulletin de vote peut changer les choses (comme quand j’ai voté Mélenchon, ahaha).
    Pour le coup, je sens bien une abstention de ma part aux prochaines élections tant je ne me retrouve nulle part !

    Sur l’international, c’est le quasi vide effectivement. Même niveau européen. Rien ne compte. Pour avoir de la famille en Ukraine et en Russie, je ne partage pas ce qui est relayé sur médiapart. Et il ne s’agit de parer Poutine de vertus qu’il n’a pas. La mafia (et le kgb?) sont les deux institutions qui ont survécu à l’URSS. Et l’occident n’œuvre guère à renverser la vapeur. Comment le pourrait-il ? En évitant de doper les recettes $ de la mafia. Quant à intégrer l’Ukraine à l’UE… ste blague. Avoir x membres de plus va contribuer à clarifier les choses, va permettre d’avancer les choses ? Genre harmoniser la fiscalité au hasard…bref.

    Quant au participatif sur médiapart…bin c’est comme le reste du web en fait. Moi, ce qui me chatouille le plus c’est la stratégie de censure non assumée : seulement un joyeux « la rédaction de médiapart ». Genre tout le staff dispose des ciseaux ? Pourquoi ne pas assumer ça, être transparent sur la question ? Comme ce qui est demandé aux acteurs publics que sont les politiques.
    En termes de qualité, certains blogs que j’appréciais ne sont plus alimentés, faute d’abonnement/envie, etc. Je suppose que j’en ai loupé quelques uns. Je ne sais pas si c’était mieux avant parce que je ne vais plus trop farfouiller sur le club, ni dans les commentaires d’articles. Sensation de déjà vu. Bon, je traine mes guêtres sur le net depuis une 20 aine d’années aussi.
    Et moi dans tout ça ? Ma participation à moi ? Bin j’ai fait quelques billets, à une époque. Dont l’intérêt est discutable, qui n’apportaient sans doutes pas grand chose à la collectivité. Je n’ai rien effacé, j’assume mes inepties et autres maladresses. Peut être que dans le lot, j’ai dit un truc pas mal…Effectivement, une clef de succès sur mediapart est FG/Mélenchon. Bon.

    Que doit-on attendre d’un journal, soit-il 2.0 ? Ne place-t-on pas trop d’attentes ? On dit parfois qu’on a les politiques qu’on mérite, n’est-ce-pas le cas avec les journaux ? La solution de « voter » avec ces pieds est-elle efficace ? Quelle alternative si le dialogue est impossible ? Je n’ai pas de réponses à ces questions…

    Je vais stopper là, avant de risquer de faire plus long que ton billet. J’avais ton blog en favori pour cause de street art, dont j’ai été (modeste) acteur il y a…quelques temps passés. J’ajoute ton site dans mes suivis. Curieux de te lire et découvrir ta vision des choses.
    Et ça, c’est un truc positif !!!

    • Merci pour ce commentaire, bien vu. Le tout étant de ne pas se désillusionner sur le pouvoir de chacun. À son niveau modeste on peut participer via le Web, éveiller les consciences, enrichir un débat, apporter des idées neuves. Ce blog est régulièrement consulté, peut-être surveillé, qu’importe.. Un internaute curieux qui découvre lapartmanquante ou tant d’autres blogs passionnants, libérés des contraintes commerciales et de l’obligation de fidéliser, rentabiliser, c’est déjà ça de gagné !!

  3. Un commentaire sur le blog de Mediapart : 16/11/2014, 08:04 | Par Joseph G

    « La perpétuelle invocation au miracle du Front de Gauche dans ces commentaires m’a poussé, par exemple, à suivre le blog de J.L. Mélenchon, allant même jusqu’à voter pour lui au premier tour des présidentielles. »

    Lol, vous critiquez la politique éditoriale de Médiapart mais vous vous êtes laissée séduire par la brigade militante de JLM qui sévit ici. C’est un peu paradoxal, c’est donc bien vous qui évoluez aussi et pas seulement Médiapart. Une séparation contient des responsabilités et des manquements des deux cotés, hein

    Beaucoup viennent ici à la recherche d’une sorte de vérité pure, c’est évidemment une chimère. Rien que le parcours de Plenel et de certains journalistes d’ici montrent aussi que chacun fait son chemin aussi, en bien ou en mal, c’est humain et c’est un droit. Faut lire plusieurs médias et être curieux sans à priori, il n’y a pas d’autres moyens de compenser leurs manques ou nos attentes personnelles, voire nos petites marottes évolutives aussi. A l’aune de la qualité de la presse française, Médiapart est encore de bonne tenue objective, ce qui n’empêche pas d’y détecter des influences, et alors ? La neutralité n’est pas objective et n’existe pas.

    Le participatif a certes ses limites aussi ici, mais il est quand même plus réel que sur beaucoup, beaucoup d’autres sites, et la qualité est là, même la variété d’opinions maintenant, puisque avec le nombre croissant d’abonnés on peut même lire des commentaires de soraliens ou d’anarchistes ici. Je trouve cela intéressant car je ne veux pas lire que des gens qui pensent 100% comme moi, si tant est qu’il y en ait. »

  4. Lapartmanquante remet ici Une réponse fort instructive et à contre-pied des admirateurs et fan de Mediapart, publiée à la suite de cet article, mis en lien sur le blog Yannis du journal en ligne d’E. Plenel. La voici dans son intégralité :
    _______________

    Dérives médiapartiennes

    Bonjour,

    J’ai lu votre (longue) analyse de la dérive médiapartienne, dérive que je partage totalement… et je serais encore plus sévère que vous car, comme dans un prétoire, il s’agit de récidivistes !

    Car, contrairement à vous, je ne suis pas surpris : c’est du Plenel pur porc et j’ai attendu plusieurs années avant de m’abonner car je connaissais le loustic et je constate qu’il n’a pas changé d’un iota depuis son funeste passage au Monde.

    Mediapart avait posé il y a 14 mois une question du genre : « Qu’est – ce qui peut causer la perte de Mediapart » et j’avais répondu : « Vous-même : Plenel plantera Mediapart comme il a planté le Monde ». Le Monde ne s’est jamais remis de la dérive pleneliene, celle du gourou moustachu et de sa clique.

    J’ai souvent écrit que Mediapart «  »draguait au chalut dérivant les chiens perdus sans collier de la gauche » et j’ai aussi stigmatisé des pratiques puantes, certaines connues des lecteurs lucides (ils sont rares) et d’autres inconnues, couvertes par la direction.

    J’ai été censure à quasiment chaque fois et je maintiens qu’il s’agit d’une ligne pour draguer du lecteur, certes de gauche, mais de la gauche la plus obscurantiste, la plus sectaire, la plus pavlovienne…celle qui s’est trompé sur tout depuis la fin des années 40 (et j’ai toujours voté à gauche).

    Et là nous sommes quasiment dans un fonctionnement de secte, car Plenel et sa clique, en bons manipulateurs, leur font avaler des énormités en particulier à l’international et ces naïfs ne se rendent compte de rien¨, aveuglés par leurs réactions instinctives qui remplacent toute réflexion, toute analyse critique.

    Alors pourquoi rester : par masochisme ?

    Non : simplemeent comme contre-pouvoir, car je crois que les 5 ou 10 % de lecteurs qui sont lucides et qui contestent, argumentent, sont infiniment plus importants que 90 % de la rédaction de Mediapart face au risque hégémonique de Mediapart.

    Ceci dit, j’ai l’intuition que Mediapart met un peu la pédale douce depuis fin 2014 dans certaines dérives voulues, car les abonnements me semblent stagner et ils ont fait de gros recrutements… donc ils ont des charges conséquentes.

    Si cela vous intéresse je pourrais vous en parler de vive voix … même si j’ai compris que vous viviez à l’étranger.

    Bien cordialement.

    Yansan – le 15/02/2015 – 08:33

    • Merci Yansan pour votre témoignage. Je vous suis pleinement dans votre analyse, et dans votre réserve concernant E. Plenel comme dans votre indignation au sujet de la censure et des réponses délirantes d’A. Perraud.

      Je me suis vite demandé dès les premiers mois d’abonnement si le but de Mediapart n’était pas la récupération des âmes perdues, ou tout simplement des électeurs abstentionnistes, décus de tant d’années d’errances et d’hypocrisie du ps.

      Les résultat du passage du trio Plennel-Colombani-Minc au quotidien Le Monde, le le connais et effectivement il suffit de lire les gros titres chaque jour de ce « quotidien de référence » – encore une info biaisée, c’est le Monde Diplo qui est le journal francophone le plus lu et respecté dans le monde – pour se rendre compte que ce brillant journal des années 70-80, perle de H. Beuve-Mery, ne s’en est jamais remis et ne s’en remettra peut être jamais de ce lessivage aux enzymes gloutons de l’économie de marché, l’ultralibéralisme et le suivisme us n’étant plus en embuscade mais au coeur de ce quotidien.

      Mais il faut garder l’espoir que l’expérience, le temps qui passe, nos petites critiques et coups de griffes insignifiants pour ces messieurs-dames de Mediapart ou autres aient un impact finalement, et que les plus convaincus, obtus et intégristes de la pensée unique et de la hierarchie pyramidale changent, à la différence des cons qui persistent comme on dit. Plenel, comme chacun sur cette planète, a quelque chose a apprendre dans sa vie, et le chemin n’est jamais tout droit et tout tracé.

      Les buts cachés de Mediapart, sa manipulation parfois évidente, je m’en accommode même si parfois je me dis qu’une terrible trahison serait d’utiliser les arguments des détracteurs pour construire de nouveaux pare-feux, de nouveaux argumentaires réactionnaires et empêcher toujours davantage la quête de verité et de transparence, au moins des affaires publiques. Un peu comme Facebook qui utilise les données de ses gentils inscrits et utilisateurs, leurs likes, pour vendre leurs infos perso aux multinationnales du big bizness.

      Mais la parano ça ne motive pas trop, et le complot dans le complot dans le complot finit par ne plus être constructif, rien qu’un grand vide sidéral dans lequel toute pensée critiaue se perd.

      En revanche, le fait que je puisse m’exprimer librement comme vous dans ces colonnes virtuelles, entendre des voix divergentes, apprendre des infos essentielles par d’autres contributeurs me plait beaucoup, et je trouve que c’est là la grande nouveauté et la qualité première de ce journal en ligne. Faire réagir, réflechir sur des sujets choisis d’actualité dans (trop) encadrer le débat une fois que les analyses et opinions des journalistes sont posées.

      En parallèle donc de l’excellent travail que font certains (pas tous oui malheureusement ) journalistes de Mediapart et qu’il faut souligner, appuyer.

      Quant au cas A. Perraud, ses contorsions sémantiques tout au long de ses réponses aux lecteurs (aussi larges et intrusives que peuvent être rares, neutres voire quasi inexistantes les participations au forum des autres journalistes) sont souvent méprisantes, pitoyables et finalement révélatrices d’un très grand mal-être et d’un de problème de communication, d’identité peut être – mais cela relève de la psychanalyse, qui n’est pas mon domaine. J’ai répondu à plusieurs reprises à ses articles ampoulés mais intéressants parfois d’un point de vue artistique, culturel et stylistique, assistant à une bronca des lecteurs contre son auguste condescendance, qui l’a un peu destabilisé, calmé et fait revoir ses positions je crois..

      Mediapart aussi apprend comme nous ce qu’est le Web. », ses ressources, ses pièges, un web participatif, qui remet parfois à niveau les grands ce ce monde avec les humbles et les anonymes, sur un opied d’égalitñe. Et ça c’est très nouveau.

      En tout cas merci encore pour votre contribution au débat. Je pense que dans ce jeu d’information-désinformation-manipulation, oui les lecteurs-contributeurs ont pleinement leur rôle à jouer (comme les citoyens en démocratie) et que les contributions vraiment intéressantes se comptent, tandis qu’apparaissent et disparaissent les abonnés. De grands commentateurs, comme Marie-Caroline P., dont les analyses fines du monde economico-financier, égalaient celles de Martine Orange, ont malheureusement définitivement disparu des fils.

      Le cap des 100 000 abonnés et l’indépendance financière à laquelle semble tenir toute l’équipe de rédaction est un garant de leur honneteté et de leur déontologie.

      Le consommateur a aussi un pouvoir, il faut l’utiliser à bon escient !!

      Bonne journée et j’espère à bientôt sur ces pages virtuelles 🙂

      Yannis – le 15/02/2015 – 12:21

  5. Ci-joint un début d’échange avec E. Plenel : vous remarquerez qu’après une réponse léénifiante, Plenel s’abstient de me répondre… malgré les sollicitations d’autres participants

    http://blogs.mediapart.fr/blog/la-redaction-de-mediapart/150114/qui-appartient-votre-journal

    Et je me demande bien ce qu’il aurait pu me réépondre tant sa responsabilité était engagée : en 2004, c’est lui qui est réédacteur en chef du Monde quand sur 4 pages le Monde mène une campagne puante contre Michel Roussel qui les fera conddamner par deux fois et c’est lui qui, patron de Mediapart, laisse faire Perraud, quand il m’insulte avec des propos orduriers et diffamatoires, le couvre, alors que j’ai écrit à François Bonnet que je connais pour exiger le retrait de ces écrits ainsi que des excuses (je le connais car je l’ai invité à une manifestion dont j’étais l’organisateur).

    Je peux vous dire que l’avocat que j’ai pris a été judicieusement choisi et que Mediapart a compris à 120 % le message. Résultat : une haine compulsive de Perraud à mon égard … ce dont je n’ai rien à secouer, car moi, je n ‘ai rien à me reprocher : je ne désinforme pas.

    Commentaire : j’ai touvé que vous étiez bien indulgent avec Perraud dont la santé mentale est mise en cause par ceux, avocats, journalistees, qui ont eu à se pencher sur ce cas pathologique.

    Mais ils sont si rares car la réputation de l’Insulteur Compulsif, n’a pas dépassé Mediapart eet lees quelqquees centaines de peersonnes qui écoutent France Culture et ses numéros de claquettes.

    Bien cordialement.

    Yansan – le 15/02/2015 – 08:58

  6. Un élément de reflexion supplémentaire sur le mystère Edwy Plenel, réellement irréprochable sur sa déontologie journalistique ?… http://lherbentrelespaves.fr/index.php?post/2013/06/18/Et-c-est-ainsi-qu-Edwy-Plenel-est-grand-!

  7. Et la bronca des abonnés de Mediapart en ce moment, et une remise à plat des objectifs, de la moralité et de l’honnêteté de la rédaction :
    Mediapart a 7 ans : voici nos comptes – 12 mars 2015 | Par Edwy Plenel
    http://blogs.mediapart.fr/blog/edwy-plenel/120315/mediapart-7-ans-voici-nos-comptes

  8. Yann dit :

    Eh bien le voile sur le mystère Plenel semble se soulever un peu, avec cette biographie très détaillée et documentée. Un bémol cependant, vous allez entrer en cliquant sur le lien qui suit, sur le site d’Alain Soral, « Egalité et réconciliation »…
    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Qui-est-Edwy-Plenel-patron-de-Mediapart-29129.html

  9. Et pour clore le dossier Mediapart – lapartmanquante ne participera plus à l’aventure de ce projet éditoriel tout en masques et faux semblants, journal sectaire qui n’a de paricipatif que le nom, à moins d’un changement sensible dans le rapport rédaction/lecteurs-collaborateur et une véritable prise en compte du « participatif ».

    Un autre article critique sur WordPress, sur le blog « Le Monde selon Jane » :

    https://janeaymard.wordpress.com/2014/03/13/limposture-mediapart/

    Attention, c’est un blog clairement axé à droite, voire sarkozyste, chacun ses tares. Mais à l’usage les Solfériniens ou anciens trotskystes ne valent pas beaucoup mieux à l’usage… Juste des luttes de pouvoir.

    Pas trop la tasse de thé de lapartmanquante ces mesquineries. La politique politicienne non plus !!

  10. POTTIER dit :

    pour ma part le fait de pouvoir lire vos commentaires (et les autres) dans ce journal , que vous critiquez avec juste raison , me fait continuer l’abonnement.
    Je crois qu’il faut diversifier ses sources en allant chercher l’info sur les sites alternatifs, les médias officiels étant bâillonnés, ne pas se laisser trop duper par la désinfo, et accepter que même un ancien gauchiste puisse être atlantiste… s’il a du talent.
    Le seul vrai reproche que je ferai à MP est son analyse très restreinte de la politique internationale et l’absence d’intervenants de poids.
    Encore faut-il avoir le temps de naviguer, ma seule richesse heureusement vu mon âge!

  11. al ceste dit :

    J’ai été abonné à MdP (pseudo Quoique), je le serai peut-être de nouveau un jour. J’ y suis venu à reculons par méfiance de Plenel, et ce que j’ai vu de son comportement une fois devenu lecteur n’a fait que renforcer ma méfiance : franc comme un âne rouge et manipulateur.

    Manipulateur : il refuse que les blogueurs fassent eux-mêmes leur propre modération, ce qui permet aux harceleurs de s’ébattre et de pousser au départ des gens qui, quel hasard déplaisent à Edwy (affaire MCP). Alors qu’on peut voir régulièrement dans la sélection du club un des abonnés les plus insulteurs et rudimentaires qui soient – mais qui a mis en tête de ses contacts… EP himself ! Le fayotage est un truc qui marche bien sur MdP, il n’y a pas que lui.

    (Sur Perraud, je partage totalement l’avis de Yansan. Notamment parce que j’ai eu droit moi aussi à son mépris de cuistre)

    • D’excellents contributeurs ont laissé le navire amiral de Plenel partir à la dérive, dans le même mouvement que celui amorcé par le Monde sous sa direction éditoriale – Marie-Caroline Porteu, mais beaucoup d’autres pseudos. Parmis les nouveaux abonnés et les trolls, une bonne partie d’incultes et de prétentieux prêt à voir en Mediapart l’unique chance de la vraie gauche politique en France… Effectivement à hurler de rire quand on comprend comment ce journal a été un support privilégié pour l’élection de François Hollande, qu’il est bien gênant de critiquer aujourd’hui.

      Mais ce ne serait encore que cela, après tout c’est un journal d’opinion, qui peut se planter sur un homme politique, mais qui doit alors être bien mal renseigné ! Avec quand même différentes sensibilités représentées chez les journalistes. La participation éphémère d’un bon nombre d’autres noms, parmi les poids lourds (Martine Orange et Laurent mauduit dont le respecte le travail et le point de vue, mais aussi d’autres absolument malhonnêtes dans leurs démonstrations biaisées, Arfi à la poursuite d’un nouveau buzz) et des « Invités de Mediapart », généralement propageant la bonne parole solférinienne, est certainement celle la plus appréciée par la rédaction. J’ai traité de son mépris et de son approche vieux-jeu du métier d’informer, et du mythe participatif dans l’article. C’est la très bonne ergonomie de son interface avec ses options, qui continue de faire aussi son succès (??).

      Je suis cependant en train de penser sérieusement à larguer les amarres, tellement je suis triste de voir ce média sombrer dans l’autosuffisance et la médiocrité. Les commentaires sont en ce moment particulièrement aiguisés contre la rédaction, ou alors les polémiques stériles et les invectives s’éternisent sur les forum, avec heureusement encore un bon nombre de contributions qui remontent le niveau, voire s’épuisent à lutter virtuellemen sur la propagande de l’OTAN bien servie ici, sur la Syrie par exemple, pour que mdpt arrête de faire prendre à la majorité de ses lecteurs des vessies pour des lanternes et se remette en question. Ce n’est pas sans effets, notemmemt sur le sujet de l`´Etat d’Israêl façon Netanyahou, dont la médiation a finalement autorisé la critique. Mais les blocages et les a priori de l’équipe sont têtues. Voici mon dernier sentiment (encore) vu de l’intérieur du site.

      Et la manipulation apparaît de plus en plus évidente, c’est même devenu un jeu, un défi pour certains de corriger les errements des journalistes, volontaires ou non. La dérive de mdpt reflète également celle de l’ensemble de la société française, malheureusement…

  12. Yann dit :

    13 octobre 2015 par Olivier Quelier – En 1939, Albert Camus écrit un manifeste sur le journalisme. L’article devait paraître le 25 novembre dans Le Soir républicain, un quotidien vendu à Alger, dont Camus était le rédacteur en chef. Mais l’article a été censuré. Le Monde a retrouvé et publié cet inédit. Dans l’extrait repris ici, Albert Camus évoque les devoirs du journaliste et les qualités qui lui sont nécessaires.

    https://grandeursrvitude.wordpress.com/2015/10/13/les-devoirs-du-journaliste-selon-camus-1939/

  13. « Journalistes et lecteurs-contributeurs sur mediapart – Des rôles négociés » : Un étude intéressante de Roland Canu et Caroline Datchary de l’Université Toulouse 2, sur la sociologie médiapartienne et les usages et attentes des abonnés :
    https://www.cairn.info/revue-reseaux-2010-2-page-195.htm

  14. Mediapart ne sortira plus de sa tour d’Ivoire – ou de la fosse au purin – l’aventure d’un « media à part » s’étant dissoute définitivement dans le courant mainstream et le sociétal. Ce billet de blog d’un autre ex-contributeur : https://blogs.mediapart.fr/emmap722/blog/271215/elitismeintolerance-mepris-quest-donc-devenu-le-mediapart-du-depart-une-caste

  15. Le goût amer des élections présidentielles 2017 et le parti-pris néolibéral entre les lignes de Mediapart, et ouvertement pro-Macron : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-edwy-plenel-et-mediapart-192648

  16. Fort dit :

    Bonjour merci de cette analyse… elle est extrêmement fournie et étayée. Elle me parle car je ressens cette lassitude et je m’en suis aperçue car au début de mon abonnement, tous les jours je posais des articles qui m’intéressaient et je me rends compte que depuis mi 2016 et surtout lors de l’annonce dz non représentation de Hollande… les articles de fond ont disparu et je me suis rendu compte que maintenant je vais sur Mediapart 1fois/semaine pour écouter et voir Didier Porte. Je ne trouve plus vraiment d’articles intéressants je m’en servais même pour mon boulot. Merci parce que ça fait un moment que je réfléchis « je reste » « je reste pas » ??? Il est vrai que je vais plus sur le Monde Diplo par ex. Donc vous m’avez aidée à trancher… je vais arrêter mon abonnement 😊

    • Bonjour Michèle et merci pour votre témoignage ! Oui on peut dire que les masques tombent à Mediapart, qui pour beaucoup de ses lecteurs n’a plus rien d’un « média à part ». La rédaction sent actuellement le vent de la fronde en pleine face, les reproches post-propagande électorale pour Macron pleuvent et les annonces de lettres de désabonnement se multiplient sur les fils de commentaire. Le divorce est consommé :
      https://blogs.mediapart.fr/la-redaction-de-mediapart/blog/150517/tchat-jeudi-de-11h-13h-melenchon-macron-et-mediapart/commentaires
      Ce forum est éloquent suite à une tentative de rattrapage une fois de plus bien maladroite et méprisante de la rédaction pour parer à l’hémorragie de ce qui fait la richesse de ce journal « participatif » : ses abonnés les plus actifs et les plus pertinents, pour beaucoup intéressés par le mouvement politique réellement démocratique et progressiste FI.
      Suite aux grossières manipulations de ce journal, dans la ligne des autres chiens de gardes du néolibéralisme français pour contrer la seule menace politique pour eux (non pas le FN qui est un épouvantail depuis le revirement mondialiste sous Mitterrand, mais la France Insoumise avec comme porte-parole actuel Jean-Luc Mélenchon) il y a une prise de conscience très significative de la tentative de manipulation des esprits par les actes de censure soft dans le choix rédactionnel, sous couvert d’une belle parole humaniste et républicaine (façon Plenel) qui ne mange pas de pain… Saludos 😉

  17. 23/05/2017 01:17 PAR GEORGETTE MELIOT
     » Il y a tout juste un an je quittais le journal Marianne ( en regrettant une dérive qui l’amenait au bord du vide rédactionnel) et, toute émue, je m’abonnais à Médiapart consciente à la fois du « quasi trop plein » des informations proposées (ce n’est pas un défaut), de la tendance marquée pour le journalisme d’investigation (source d’un journalisme à charge qui avait rebuté certains de mes amis) et de son ouverture multimédias au domaine de la culture…

    J’y découvrais, avec plaisir, l’existence des lecteurs dont la participation sur les fils de commentaires ou via les blogs m’a souvent aidée à mettre des mots sur mon « ressenti » ou plus simplement à confirmer mes propres pensées, même si l’expression des commentaires outrepassait parfois en intensité ce que j’avais spontanément envie d’exprimer…

    La couverture de la campagne présidentielle par MDP a représenté pour moi le fait d’accéder à des informations globales utiles et d’observer, en particulier, comment ce journal abordait « idéologiquement » les candidats et leur programme … je pouvais ainsi comparer le traitement de ce média avec les traitements d’autres sources sur internet (la TV et d’autres chaînes ne m’étant accessibles que via YouTube)…

    Et là je fus surprise par des choix de MDP, choix que j’ai mieux compris en lisant les commentaires souvent perplexes, voire indignés à propos de la partialité des billets au sujet de la campagne de la FI. Plus la campagne avançait, plus je percevais une forme de « vide » dans le traitement du programme porté par JLMélenchon comme si l’avance prise par ce candidat et son programme substanciel s’exprimant avec beaucoup de force et captant de plus en plus d »audience, n’avait aucune importance sur les enjeux de l’élection !

    Ce vide, c’étaient les articles très corrects mais rares sous des titres que je dirais tendantieux, qui biaisaient injustement le contenu factuel juste mais sporadique du corps des billets… Fin janvier, quand la candidature de B. Hamon s’est placée sous les feux de la rampe, le ralliement de MDP au candidat du PS s’est hypocritement placée sous la nécessité de l’unité à gauche, sans tenir compte de la dynamique propre à la FI, comme si cette vague n’existait tout simplement pas…

    Il a fallu le surgissement de cette vague insoumise en mars et la chute de la candidature d’Hamon dans les sondages pour que je sente dans le traitement de la campagne par MDP comme un regret non-dit, en creux, de la dégringolade du PS, comme si le PS malgré le dernier quinquennat devait être encore porteur d’un projet crédible à gauche alors que l’écartèlement le menaçait totalement avec la candidature Macron sur sa droite, même si le candidat d’EM avait pris le soin de se démarquer du PS !!

    Tout cela manquait de cohérence aussi bien du côté des politiques que du côté des médias, sauf en ce qui concerne la campagne de la FI, provoquant avant le premier tour ce surgissement de la FI qui a fait très peur aux médias et à la sphère des oligarques …

    On sait comment les médias dominants ont réglé le problème avec force intox ou boules puantes pour la FI ( faisant en sorte qu’elle ne puisse être au second tour, ce qui a réussi) au risque de faire advenir un choix de second tour EM/FN dont l’issue était prévisible mais assorti de cris d’orfraies comme si les français étaient des enfants dont il fallait guider la main du vote…

    MDP a mêlé sa voix au concert des « au loup » sans tenter d’analyser en profondeur les raisons qui faisaient que le nombre de voix pour le FN augmentait régulièrement depuis les années 80, depuis que l’orientation politique du PS de gouvernement s’est progressivement déportée à droite…

    Dans le verbatim du tchat, MDP ne comprend pas pourquoi les Insoumis s’indignent. MDP se sent blanc de tout soupçon de mauvais traitement de la candidature de JLM, car ce média ne voit pas ou ne veut pas voir comment « son » adhésion aux valeurs républicaines démocratique accollée à l’adhésion au néolibéralisme (financier et européiste pour dire vite) crée de fait un shisme entre les gagnants et les perdants des politiques actuelles, perdants qui se répartissent essentiellement entre l’extrême droite et la gauche de « gôche » incarnée cette année par la FI laquelle est profondément opposée à tout ce qui est politiquement « rose »virant vers le « bleu » sans parler du « brun »(via certains choix politiques)…

    Ces « perdants » ne sont pas près de disparaître si les orientations politiques passées se poursuivent dans les années à venir . Si MDP veut tenir compte de la présence d’une force politique réelle et cohérente de gauche, les penseurs dominants de ce journal doivent peut-être remettre en cause certains présupposés idéologiques OU tout au moins les assumer avec plus de lucidité et de congruence. »

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